Sur l’arrivée des robots sexuels et ce que cela nous dit de la décadence de notre société

© Paris-Match n°3534 du 09 au 15 février 2017 – Match avenir


À la base, je ne voulais lire que le dossier sur MACRON qui n’en est qu’à sa quatrième ou cinquième couverture de Paris Match. Et puis, je suis tombé sur cette douce photo, très conventionnelle (dans un lit) d’une femme blanche (toujours des blanches ; les seules frustrées), dominant son robot sexuel (puisqu’elle est sur lui) ; robot lui-même très calin car gentiment attentionné. L’occasion de poser quelques réflexions sur cet « avenir ».

Qui a vu la série de fiction d’anticipation suédoise Real humans ? La question des robots sexuels y était abordée, et parfois ils tuaient leurs amants. J’écris cela, je n’écris rien. Nous sommes plus de sept milliards sur la Terre tandis que les communications n’ont jamais été aussi faciles. Et voilà que dans ce vivier inépuisable, nos chers humains doivent se fabriquer des compagnons virtuels pour leur permettre d’échapper au jugement de l’autre, que les robots n’ont pas…


Des robots pour être aimé

Au delà de la question sexuelle qui reste un instinct de l’homme, même s’il est paradoxal qu’une attirance hormonale soit provoquée par la présence d’un robot car celui-ci ne pourra pas procréer, les utilisateurs de ces robots rechercheraient l’amour d’un être soumis qui les aimera (c’est son programme) et qui pourra être aimé sans crainte qu’il ne se lasse jamais. Mais comment s’aimer soi-même quand on est incapable d’aimer ses semblables humains ?


Sur la frustration sexuelle ; l’exemple des terroristes

Le dernier livre de Yann MOIX (Terreur, Grasset) décrit comment se passe l’adaptation de ceux qui partent faire le djihad en Syrie. On commence par leur payer des putes qui réalisent tous leurs fantasmes. Puis quand ils se sont défoulés comme ils n’ont jamais pu le faire en France, on les marie avec une gentille fille à respecter parce que la mère de leurs enfants ne sauraient être une salope. Les robots sont-ils de salubrité publique pour débloquer les frustrés ?


Au Japon, le robot évite de devoir exprimer ses sentiments (et de considérer l’autre)

Les Japonais ont un terrible complexe pour dire leurs sentiments. À partir de là, sans pouvoir dire à quelqu’un que vous l’aimez, difficile de créer une histoire durable ou se prendre une claque déshonorante en allant dire à quelqu’un que vous l’aimez alors qu’il ou elle ne vous aime pas. Avec un robot, adieu également les petites attention pour rappeler réellement son amour à l’être chéri ; on revient à la soumission des couples au Moyen-Âge (divorce = enfer).


Ce que doit être ennuyeux le sexe avec les robots

Un robot ne peut accomplir que ce qui lui est permis par un programme, et notamment selon les lois de la robotique d’Isaac ASIMOV (qui restent de la fiction !) ce qui ne porte pas atteinte à un humain (donc adieu les pratiques sexuelles sado-masochistes). Mais comme les robots n’ont pas notre néo-cortex (partie du cerveau qui permet l’abstraction), alors ils n’ont aucune imagination et ne peuvent rien inventer, qui n’ait déjà été programmé dans leurs logiciels…


Les robots comme extension de l’autosuffisance

L’Homme dans sa globalité égoïste préférera toujours son plaisir personnel à la satisfaction ou à la joie de créer du bonheur chez les autres. Le robot sexuel n’est qu’une étape de plus dans un isolement, de l’Homme de ses congénères, qui a déjà bien commencé avec le numérique. Il participe à créer un climat de confort et de sécurité, qui n’est pas celui de l’Homme, qui a besoin pour se sentir vivant, de se faire peur, de générer de l’adrénaline, et d’ainsi avancer !


Je ne conçois pas le robot sexuel. Je veux bien d’un robot pour m’opérer s’il est aux mains du chirurgien. Mais je ne veux pas du robot qui prend les emplois ou qui incite à l’Homme à s’abaisser au niveau d’une machine sans conscience. J’aime me faire peur et prendre des risques, et l’Homme ne peut pas vivre sans cela. Les personnes qui utiliseront des robots sexuels participent elles-même à la soumission de notre société. Choisissons plutôt le vivant !



Publicités

2 réflexions au sujet de « Sur l’arrivée des robots sexuels et ce que cela nous dit de la décadence de notre société »

  1. Jean-Marie CORBIN

    Puisque tu publies sous le titre du Savinien Libéré, parlons de Savigny-sur-Orge. Gordon le dernier entrant à la police municipale n’est pas un robot à la façon Robocop mais un chien ! Nous sommes provisoirement sauvés. J’écris provisoire car à Montgeron (comme à Saint-Denis), la police municipale a déjà un robot à PV, un truc monté sur une auto, qui lit les plaques d’immatriculation et mets des amendes aux véhicules qui restent trop longtemps sans bouger.

    Répondre
  2. Jacqueline Zizi Morisset

    Magnifique ode au genre humain J’apprécie beaucoup, moi qui suis pourtant matheuse et informaticienne : Wolfram Innovator Award 2013 Envoyé de mon iPhone

    >

    Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s