La social-démocratie existe-t-elle toujours en France ?

La primaire citoyenne de 2017 a désigné un candidat socialiste, réellement de gauche, face à un candidat social-démocrate, qui n’aura jamais assumé ses positions social-libérales. François HOLLANDE pourtant, comme la majorité de son Gouvernement, étaient des sociaux-démocrates, c’est à dire des réformistes plutôt que des révolutionnaires, appliquant des idées libérales en économies. Ont-ils donc tout perdu ?

À vrai dire, on peut déjà se demander ce qu’il reste de gauche à la social-démocratie. HOLLANDE était un centriste à tendance de gauche, mais à part essayer d’imposer l’égalité sur des sujets sociétaux, et ce faisant de créer plus d’inégalités, sa politique économique était de droite. Car le TSCG (Pacte budgétaire européen) n’est pas de gauche, pas plus que le principe du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) ou que la loi Macron ou la loi Travail…

Plus largement, la social-démocratie des gouvernants de ce mandat est un échec dans la mesure où elle n’a pas réduit les inégalités économiques et sociales mais les a plutôt creusées. De fait, l’électeur socialiste un peu sensé en a conclu que cet échec était dû soit à un abandon des thèses marxistes en économie, soit au fait que le PS ne soit pas pleinement converti à l’économie de marché et ne bénéficie pas de toutes les aides des institutions internationales.

Comment la social-démocratie pourra-t-elle continuer d’exister si elle n’est pas représentée à l’élection présidentielle ? Elle y sera, mais derrière la candidature d’Emmanuel MACRON qui pour le coup est un social-libéral assumé, lui-même produit de la mondialisation et de ce système qu’il aime tant à décrier. Car ce ne peut être que l’ancien ministre de l’Économie, qui peut aujourd’hui récupérer ce bilan libéral, face à un frondeur antilibéral qui l’a tant combattu.

Depuis MITTERRAND et le Congrès d’Épinay, la social-démocratie n’a toujours été majoritaire que d’une courte tête, devant se trainer des boulets radicaux toujours plus progressistes, aussi bien qu’une grande masse populaire vraiment de gauche, toujours deuxième lors des Congrès du PS. Mais en 2017, ces ouvriers ou ces personnes aux emplois peu qualifiés sont partis ; soit au Front national, soit chez MÉLENCHON qui assume pleinement son discours socialiste.

Les années aux responsabilités de MITTERRAND, de JOSPIN ou de HOLLANDE sont des échecs, à chaque fois largement battu par la droite du fait que les programmes socialistes n’aient jamais été appliqués, d’abord parce qu’ils étaient irréalisables. Continuer avec la social-démocratie, c’est continuer d’aller vers de nouveaux échecs. Mais je crains que continuer d’aller avec le socialisme ou même d’aller avec le social-libéralisme soit également un échec annoncé.

Un problème de la gauche est de continuer de vouloir faire du social pour améliorer les conditions sociales des personnes. Alors que c’est parce que l’économique, le politique, le culturel… iront bien que le social ira mieux. À l’échelle de la mondialisation, le social n’est plus une variable indépendante qu’on peut régler localement au moyen d’un financement, comme le fait actuellement le PS. Mais comme la gauche ne veut pas plus révolutionner que réformer…



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