Pourquoi je ne suis pas favorable au « droit aux origines » pour les enfants nés sous X

À l’approche des prochaines échéances électorales, différentes questions de société sont posées aux candidats, notamment celle du droit pour les enfants nés sous X à connaître leurs origines. Je ne suis personnellement pas favorable à cette demande.

Trois catégories d’acteurs sont concernés par une naissance sous X : l’enfant-né, la famille adoptive de cet enfant et le donneur biologique de gamète, ainsi que sa famille.

Le don de gamète est autorisé en France depuis 1973, sous trois conditions redéfinies dans la loi de bioéthique du 6 août 2004 modifiée en 2011 : le don est volontaire, gratuit et anonyme.

Un donneur de sperme doit être âgé d’au moins 45 ans et avoir déjà eu un enfant, pour prouver la viabilité de sa semence.

Une donneuse d’ovocyte a besoin de l’accord de l’autre membre de son couple pour donner. Elle peut revenir sur son consentement jusqu’à ce que son ovocyte soit utilisé.

En France, la pratique du don anonyme est donc garantie dans l’arrêté relatif aux règles des bonnes pratiques cliniques et biologiques d’assistance médicale à la procréation. Ce texte sert de préalable au consentement au don.

Si donc l’on devait modifier la loi, nous ne devrions pas le faire de manière rétroactive, parce que ce n’est pas autorisé par la Loi (article 2 du Code civil). Ensuite, par respect des familles déjà constituées. Les pétitionnaires actuels ne seraient donc pas satisfaits dans leurs revendications.

Nous pouvons toutefois nous poser la question de ce que l’on pourrait faire dans le futur, avec le problème des enfants conçus à l’étranger, et dont le parent biologique n’a pas été soumis à l’anonymat imposé par la loi française lors de son don.


Lorsque je lis la pétition qui m’est soumise par le biais de Change.org, le pétitionnaire cherche une reconnaissance, une généalogie, un passé. Est-il le seul à se lancer dans cette quête identitaire ? Je ne le pense pas, même si cet homme veut parler au nom de tous.

Toutefois, lorsqu’il évoque un sentiment de culpabilité et des difficultés à se construire sereinement, je m’interroge sur la psychologie de cet homme, qui me paraît égoïste. Comment font les orphelins sans familles ? Ne peut-il pas se construire dans sa famille adoptive ?

Une comparaison me vient en tête par rapport à l’immigration. Donc pour cet homme, on ne peut pas s’assimiler parce que cela force à passer outre ses origines, donc cela empêche de se construire. Mais comment ont fait toutes nos générations précédentes ?

Est-ce que c’est la Justice que de dévoiler illégalement, si on le peut, les origines d’un enfant, au mépris d’un consentement signé, aux dépends de l’enfant ? Est-ce que c’est la vérité de réfuter que les parents d’un enfant sont ceux qui l’ont élevé et qui ont pris soin de lui ?

L’administration française doit respecter la Loi et ne pas permettre aux enfants nés sous X de savoir qui sont leurs parents biologiques. L’excuse de la nécessité de savoir par rapport aux maladies génétiques est bidon ; elles peuvent aussi être le fait d’une mutation personnelle.


Pourquoi pas un accouchement sous discrétion, mais si les donneurs sont d’accord exclusivement ! Mais là aussi, quelle est la responsabilité des parents qui acceptent de donner la vie pour un enfant qui ne sera pas le leur ? Cette évolution ne serait pas humaniste.

Vouloir appliquer la traçabilité des animaux aux hommes est scandaleux. Celle-ci est effectuée soit pour des impératifs hygiéniques en vue d’être consommé, soit pour des questions racialistes qui doivent nous choquer en tant qu’humains civilisés.

Je lis dans ce texte la déception d’un homme qui au demeurant mystifie son passé pour chercher un mieux dans son histoire personnelle, probablement parce qu’il n’est pas satisfait de lui-même. Qu’est-ce que cela changera pour lui de connaître ses origines biologiques ?

Nous sommes ici au cœur du mythe historique de l’intégration qui tend à nous faire croire que c’est à partir du passé que nous connaissons le présent et anticipons le futur. Une excuse bien pratique pour arrêter d’écrire l’Histoire, en nous empêchant d’écrire notre présent.



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