Analyse des résultats du premier tour de la primaire de la gauche (2017)

Il y a bien deux gauches irréconciliables. VALLS l’avait admis il y a quelques années, même s’il avait finalement dû le nier récemment au nom du rassemblement. D’abord une gauche archaïque, anticapitaliste et antilibérale, qui n’a pas fait son Bad-Godesnberg (sa modernisation), mais qui vend du rêve : celle de Benoît HAMON. Ensuite une gauche moderne et réformatrice, mais qui de fait, n’est plus de gauche mais du centre : VALLS…

Cette primaire rencontre trois échecs : celui de la participation (un peu plus d’1,6 million de votants), de la politique gouvernementale de l’ancien Premier ministre à qui on a préféré un frondeur, et enfin l’échec personnel de notre Arnaud MONTEBOURG national en marinière. Regardons donc les résultats de nos camarades dans l’ordre de leur arrivée, non sans comparer ce qui s’est passé à la primaire de la droite. L’effet « Sortez les sortants » était clairement présent !


Benoît HAMON (36,35 %) : Tel François FILLON, la dynamique était pour lui, même s’il était encore le troisième homme dans les sondages de la semaine dernière. Il vend un programme qui est largement irréalisable, mais qui correspond à ce que les électeurs veulent entendre. Il était le seul à pouvoir capter le vote communautaire, et je pense qu’il en a bénéficié. Il exprime ce que la moitié de la gauche n’a pas pu dire pendant les cinq ans du mandat HOLLANDE.


Manuel VALLS (31,11 %) : Une remarquable progression en cinq ans, mais un positionnement bâtard entre la défense du bilan HOLLANDE et la proposition d’un programme neuf, qui devait se réclamer de ROCARD mais ne pas ressembler à MACRON… VALLS pâtit de la Loi Travail que les électeurs de gauche ne lui ont pas pardonné. Mais comme il serait le seul présidentiable et le seul à pouvoir remettre le parti à flot, il a eu, tel JUPPÉ, le soutien des cadres opportunistes.


ARNAUD MONTEBOURG (17,52 %) : Qui est capable de citer une seule idée du programme de MONTEBOURG ? Le Made in France, qu’est-ce que ça veut dire ? Comme Nicolas SARKOZY, il a été quelqu’un de flamboyant, et puis plus rien, un personnage éteint pendant les débats. Il va certainement se mettre en retrait, mais il tentera ensuite de revenir, et ce sera sûrement très difficile pour lui car, comme Bruno LE MAIRE, il n’est plus le jeune nouveau qu’il était en 2011.


Vincent PEILLON (6,85 %) : Soit HOLLANDE n’a plus de soutiens et ne pèse plus que 7 % dans le parti, soit PEILLON n’a jamais commencé sa campagne. Faut-il croire qu’il était uniquement là pour contribuer à faire chuter VALLS ? Les familles ne lui ont pas pardonné les rythmes scolaires, quand les militants de la gauche en ont assez de cette passivité qui consiste à attendre que les choses se passent… PEILLON montre ce qu’il reste de vrais Hollandais en France.


François de RUGY (3,88 %) : Avec ce score, l’écologie ne sera pas forcément plus présente dans la campagne de la gauche ; cet objectif est donc raté. Malgré tout, ce résultat est plus important que le total des voix à la primaire de EELV. Donc DE RUGY incarne quand même quelque chose d’une écologie politique explosée entre volonté d’essayer de faire changer les choses en étant au pouvoir, et intransigeance dans le combat politique. Il reste loin de ses 5 à 10 % espérés.


Sylvia PINEL (1,97 %) : Un score qui montre bien que le PS ne devrait pas céder autant à son allié Parti radical de gauche qui ne pèse rien au niveau national. Le PRG, à la manière du Parti chrétien démocrate de Jean-Frédéric POISSON, s’épargne une campagne présidentielle, non sans s’être profondément divisé sur cette question. À la manière d’une Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, on aurait presque crû qu’elle défendait la condition féminine… Enfin presque.


Jean-Luc BENNAHMIAS (1,01 %) : Cet homme est son propre parti, voulant manger dans un râtelier dit progressiste, qui court pourtant de MÉLENCHON au centre droit, tout en incluant les écologistes radicaux… Dans ce joyeux bordel, ses amis et ceux qu’il a bien amusé pendant la campagne lui auront accordé sa voix. Malgré tout pas assez au total pour devenir ministre ou même secrétaire d’État, à la manière d’un Jean-François COPÉ… Restera-t-il à gauche ?


Le problème soulevé par cette primaire n’est pas le candidat, mais bien la gauche. Mis à part HAMON, il n’y avait ni rêve ni idées. Si les Français ne revoteront plus HOLLANDE, c’est parce qu’il a été mauvais et n’a pas accompli son programme sur les volets sociaux et économiques. S’ils préfèrent MÉLENCHON, c’est qu’ils veulent vraiment la gauche. S’ils veulent MACRON, c’est parce qu’ils ne sont plus de gauche mais qu’ils savent que la machine PS est foireuse…



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