Catéchuménat : quels chrétiens préparons-nous ?

Bien que le catéchuménat soit dédié à l’accompagnement, on ne peut y dissocier une partie de formation. Or, trop souvent, nos catéchumènes sortent des banalités qui me font remettre en question ce que nous leur partageons. Finalement, à quelle vie chrétienne les préparons-nous ? Je suis bien content d’être du côté des accompagnateurs, car combien de fois ne me dis-je pas que je me barrerai en tant que catéchumène ?

Un premier problème tient des doutes des accompagnateurs, qui sont manifestement partagés par les catéchumènes. Dès lors que nous nous trouvons face à un texte qui tient quelque chose de fantastique, du moins d’extraordinaire, soit nous le fuyons, soit nous l’historicisons pour le tenir pour vrai… Cette attitude est d’autant plus dommageable que nous manquons de nous émerveiller sur le texte et de chercher le sens de ces passages irrationnels qui nous bloquent.

Il y a ensuite le manque de sens que nous donnons à notre pratique. Quand nous parlons de Noël par exemple, pourquoi ne pas rappeler une bonne fois pour toutes que Jésus est né il y a plus de 2000 ans, et laisser croire qu’il renaît tous les 25 décembre ? Qu’est-ce que cela signifie Noël aujourd’hui, et en quoi cela nous invite-t-il à changer nos comportements ? La vraie question, qui nous dérange, est qu’est-ce que je fais, moi, pour accueillir Noël dans ma vie ?

Bien sûr, Jésus est Sauveur. Oui, il nous laisse une Bonne nouvelle, un message d’Amour, une éducation… Mais au-delà de ces mots, qu’est-ce que cela veut dire ? En quoi ça raisonne dans notre vie ? De quoi Jésus nous sauve ? Qu’est-ce que cette Bonne Nouvelle ? Ce ne sont que des mots qui nous engagent d’autant moins si nous n’y mettons rien derrière. Ils nous disent quelque chose d’une religion désincarnée, mais finalement rien de notre relation à Dieu.

Un autre travers lié à cette déformation est cette volonté permanente de se donner « bonne conscience » en pensant à, ou en citant différentes « bonnes actions ». Avec toujours celui qui va se vanter d’en avoir fait une, une fois. Mais où est la conversion vers une théologie de l’action qui situe l’Homme dans la relation avec ce monde qui l’entoure ? Comment donner cette envie de s’engager pour construire un monde plus juste, en commençant par notre structuration ?

Comment, en conscience, témoigner d’une conversion si le catéchumène se borne à réciter une leçon qu’il ne va pas chercher à vivre ? Comment l’accompagnateur peut-il être crédible s’il ne sait pas exprimer ses convictions ou qu’il n’est pas lui-même acteur, à l’image du Christ ?  Accompagner, oui. Mais orienter aussi la conversion de nos catéchumènes dans la réflexion et l’engagement, dans la matérialité de la société et dans la spiritualité chrétienne.



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