Sur l’absurdité des arguments de la pétition marseillaise pour la légalisation contrôlée du cannabis

Ce dimanche 08 janvier 2017, 150 personnalités marseillaises ont demandé aux pouvoirs publics d’ouvrir un débat sur la « légalisation contrôlée du cannabis ». Je suis toutefois atterré par la navrance des arguments qu’ils développent. C’est un raisonnement par l’absurde, à caractère purement électoraliste, d’éléments relativement incomparables. Je vais commenter le texte de cette tribune en analysant les différents propos énumérés.

En avant propos, je voudrais rappeler ma position dans le débat sur la légalisation du cannabis : que des gens se grillent seuls les neurones chez eux sans embêter personne pour fuir une réalité qui leur est trop dure à supporter, je considère que c’est dommage mais que c’est leur liberté et qu’il n’y a pas à pénaliser. (Je leur conseille le social s’ils veulent des shoots de réalité.)

De la même manière, le fait de détenir de petites quantités de cannabis (disons un maximum de trois grammes) ne devrait pas être pénalisable, à partir du moment où celui qui le possède n’est pas sous l’emprise de ce produit. À titre de comparaison, il est légal de se balader avec un cocktail Molotov dans la main tant qu’il n’est pas allumé et qu’on ne menace pas de s’en servir.

Mais à partir du moment où le consommateur risque d’attenter à la vie d’une autre personne, alors il faut être encore plus sévère que nous ne le sommes actuellement. Non pas au moyen d’une peine de prison, non dissuasive et d’autant plus inadaptée si la personne est addict, mais par une forte amende et des travaux d’intérêt généraux, assorties de soins s’il y a dépendance.

La production de cannabis doit rester illégale, et être également sanctionnée de manière plus ou moins forte selon les quantités produites. Les fournisseurs doivent quant à eux être sanctionné à plusieurs titres : trafics de stupéfiants, travail dissimulé, fraude sociale… Bref, si les gens veulent consommer, ils n’ont qu’à le faire discrètement et sans se faire prendre…


« Depuis près d’un demi-siècle, la loi qui s’applique à la consommation du cannabis est prohibitionniste, répressive et punitive.

==> Je ne connaissais pas le mot de « prohibitionniste » ; il désigne un courant de pensée visant à interdire. Dans le même temps, si la Loi n’interdit plus la production et la consommation de cannabis, elle n’est peut-être pas obligée de l’encourager ? Enfin, n’est-il pas du devoir de l’État d’informer sur les risques liés à la consommation de produits stupéfiants ?


Pourtant la dangerosité du cannabis est sans commune mesure avec celle du tabac (60.000 morts par an) et de l’alcool (40.000 morts par an), qui sont des drogues licites.

==> C’est logique : parce que le cannabis tue moins que le tabac, alors il est meilleur ! Sauf que prends ta voiture après avoir fumé du tabac ou prends-là après avoir fumé du cannabis, je pense que tu seras un peu plus dangereux dans un cas que dans l’autre…


La prohibition du cannabis est un échec :

==> Que c’est malhonnête de ne pas parler des réussites de la lutte contre les stupéfiants ! Où sont passées les saisies records et le nombre de dealers arrêtés et envoyés en prison ? Dit-on de la politique sécuritaire qu’elle est un échec parce que des biens sont encore volés ou que la sécurité des personnes est parfois atteinte ? L’échec est vrai mais relatif ; le zéro criminalité n’existe pas.


• Elle est directement responsable, chez nous, de réseaux, de trafics très organisés, qui brassent des sommes considérables et gangrènent de nombreux quartiers.

==> Ainsi, le cannabis rapporterait certaines sommes parce qu’il est interdit ? Je pense plutôt que c’est parce que certaines personnes acceptent de le payer un certain prix… Et pourquoi préfère-t-on gagner sa vie par le trafic que par le travail ? Parce qu’il n’y a pas d’emploi ou que l’argent de la drogue est plus facile à obtenir que par 35 heures de labeur chaque semaine !


Les règlements de comptes (2014 : 15 faits, 10 décès, 2015 : 13 faits, 14 décès, 2016 : 34 décès) sont très majoritairement liés au trafic de cannabis.

==> Cela serait vrai si les dealers ne trafiquaient que du cannabis, et que les différents trafics n’avaient pas de ramifications avec d’autres combines…


20% de l’activité policière concerne le trafic de cannabis (9.095 procédures pour infraction à la législation sur les stupéfiants en 2015, à 90% pour le cannabis, contre 6.808 en 2012, soit une augmentation de 25%).

==> C’est certain qu’ils sont plus utiles à garder des caméras ! Embauchons donc plus de policiers pour que cette statistique diminue mathématiquement.


• La répression a un coût important (santé, police, justice, prison) qui ne va pas aux investissements nécessaires et productifs (santé, logement, école, travaux publics, sécurité).

==> Dans ce cas, ne mettons plus personne en prison puisque cela coûte cher. Il faudra cependant m’expliquer comment obtenir la fameuse sécurité sans la police ni la justice ni la prison… Si la répression coûte cher (une journée de prison coûte 92 euros par jour à la société), rentabilisons-là ! Certains pays demandent à ce que les personnes détenues paient leurs journées de prison. Imposons sinon de lourdes amendes alternatives à la prison.


• Elle est dommageable pour la santé, car la clandestinité des pratiques éloigne les consommateurs de la prévention, de la réduction des risques et des soins. Le rajeunissement constaté des premières consommations impose des mesures innovantes auprès des jeunes ; mais aucun dispositif spécifique opérant n’existe dans les établissements scolaires, des points accueil écoute jeunes ferment, et les consultations jeunes consommateurs peinent, du fait de la prohibition, à attirer de jeunes usagers inquiets d’exposer leurs questionnements.

==> Pourquoi la gauche, à laquelle appartient les principaux pétitionnaires, a-t-elle créée des salles de shoot ? Il est étonnant que les bienpensants de la gauche ne proposent pas de créer des salles de cannabis ! Pourquoi les jeunes s’essaient-ils au cannabis de plus en plus tôt ? Évitons de nous poser cette question.


• La prohibition génère de l’exclusion puisque des personnes présentant un mode de vie particulier ou une pathologie addictive sont stigmatisées, rejetées, punies, rendues responsables de méfaits dont elles sont souvent les victimes.

==> C’est bien connu, un drogué qui braque une pharmacie pour obtenir sa dope est une victime ! Mais est-ce que les drogués sont mal vus du fait que la Loi leur interdise de consommer de la drogue, ou parce que les comportements addictifs mettent en cause la sécurité des personnes qui les jugent ?


Et ce, au nom d’un ordre moral qui ne repose sur aucun élément prouvé par la science. 

==> Depuis quand la morale est-elle scientifique ? C’est un sujet de philosophie pour étudiants en terminale. Mais c’est vrai que viser de récupérer 1,5 milliard € de taxes en fourguant un produit qui atteint aux neurones, c’est plus moral !


Nous, Marseillais, conscients du désastre que cause le trafic dans notre ville, appelons aujourd’hui à une légalisation contrôlée de la production, de la vente et de la consommation, telle qu’elle existe déjà dans plusieurs pays, comme la solution raisonnée que nous devons choisir.

==> En espérant au passage percevoir une petite commission de la taxation des produits stupéfiants ainsi contrôlée (estimée à 1,5 milliard €)


La fin de la prohibition aurait de nombreux effets positifs : la fin des réseaux mafieux qui prospèrent sur l’interdit, et qui tuent ; les économies substantielles qui bénéficieront à notre économie ; une taxation légitime sur la vente qui ferait rentrer de l’argent dans les caisses de l’État ; la réorientation de l’activité de la police et de la justice vers d’autres actions de sécurité ; l’amélioration de la santé des jeunes consommateurs parfois piégés dans un usage nocif ou une dépendance, et une vraie politique de prévention qui serait connexe à la légalisation ; la sortie de l’exclusion et une amélioration de la citoyenneté des personnes qui consomment et que la criminalisation de leur comportement rejette dans l’illégalité ; une organisation nouvelle de la production qui créera des emplois dans l’agriculture.

==> C’est parce qu’il y a de l’interdit qu’il y a des mafieux qui tuent. Permettons donc tout et il n’y aura plus de mafia. Percevons des revenus en rendant les citoyens débiles en fumant leurs neurones (vive le socialisme). Réorientons le travail de nos policiers pour garder des caméras ou des entrepôts. Faisons croire que la dépénalisation du cannabis est une mesure de salubrité quand le cannabis détruit les connexions neuronales. Arrêtons de stigmatiser les dealers et les consommateurs shootés, d’autant plus lorsqu’ils sont dangereux. Arrêtons de considérer les criminels comme des illégaux et créons des emplois ! Mais je ne vous dis pas combien parce que vous seriez déçus.


Il est temps d’agir. Marseille souffre des dommages causés par la prohibition du cannabis.

==> Je pense que Marseille souffre aussi de dommages liés aux trafics de ventes de pièces détachées (automobiles par exemple), de drogues dures, peut-être même de trafics humains (d’organes ou de personnes). Et si on les légalisait puisque les combattre n’arrive pas à les faire disparaître ?


Nous voulons porter le changement et appeler à une politique plus efficace et plus humaine.

==> Vive le changement d’un État qui encadre la disparition programmé de ses citoyens ! En les débilisant, c’est d’autant plus facile pour faire ensuite passer n’importe quelle loi.


C’est pourquoi nous lançons de Marseille cet appel à la France, pour que, dans la période électorale qui arrive, le débat sur la légalisation du cannabis soit ouvert. »

==> Plus important que l’emploi, le logement, l’Europe, la sécurité, l’immigration, l’école, les transports…


Mais qui croit vraiment que la légalisation du cannabis va arrêter les trafics ? Juste que les bourgeois friqués iront dans les structures légales qui seront plus sûres. L’État le vendra de toute façon plus cher que les dealers, à cause des taxes. Ensuite, d’autres trafics prendront la place car ce n’est pas tant la drogue qui est au cœur du problème, que le système économique qui se met en place pour pallier le manque d’emplois ou de manque de sensations de certains.



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