Quand la corruption s’invite dans la rénovation urbaine de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge

La corruption est « le détournement d’un processus dans le but, pour le corrupteur, d’obtenir des avantages ou des prérogatives particulières et pour le corrompu, d’obtenir une rétribution en échange de sa complaisance« . Lorsqu’on sait que la vie politique française s’est financée grâce à la corruption des entreprises de travaux publics jusqu’en 1990, il n’est pas étonnant que les projets de rénovation urbaine soient aussi victimes de ces pratiques.

Nous sommes le mercredi 30 novembre 2016 à un atelier de « diagnostic partagé » visant à rénover Grand-Vaux. Dans la salle de la maison de quartier, un diaporama défile avec le programme de la rénovation. Les ateliers diagnostics sont inscrits entre la rencontre en pied d’immeuble et la « réunion de présentation du scénario préférentiel« . Seul petit bémol : il n’y a encore officiellement aucun scénario écrit ; on l’a encore redit en novembre au Conseil citoyen.

Alors je veux bien croire qu’il n’y ait encore document finalisé. Mais je trouve que Mme Anne-Claire LEROY, ancienne chargée de mission de l’élaboration du PLU, en savait beaucoup au mois de février 2016. En réalité, la manœuvre est simple et écrite d’avance : on propose trois projets dont deux irréalisables. Et puis on laisse le choix aux habitants qui fatalement vont privilégier par défaut la solution à laquelle on prétendra qu’ils ont volontairement adhérer.

Cette partie diagnostic s’inscrit dans le cadre de la période dévolue à la concertation des habitants. Je suis certainement très naïf mais alors que branlent les Conseillers citoyens depuis plus d’un an ? Est-il logique de demander l’avis de tous, après avoir réuni un groupe de travail dont on ne s’appuie pas sur le travail, a fortiori inexistant puisque non-communicable, pour finalement recommencer le même travail ? Non car le Conseil citoyen est juste une vitrine !

De la même manière, de l’argent public va volontairement être dilapidé dans des études coûteuses et inutiles. Je prendrai deux exemples. Le projet de rénovation prévoit une étude sur le potentiel économique et commercial de Grand-Vaux. Il me semble savoir que Grand-Vaux est à Savigny. Or, le nom du quartier n’apparaît même pas dans le rapport sur le commerce à Savigny réalisé en novembre 2014 par la Chambre de commerce et d’industrie de l’Essonne.

De là, on ne peut que se demander pourquoi le maire de Savigny n’a-t-il pas renvoyé le rapport en demandant à la CCI de revoir sa copie, pour y intégrer Grand-Vaux ? Peut-être parce que cela l’arrangeait pour commander une nouvelle étude ? Ou alors parce que novembre 2014 est situé avant le 16 décembre 2014, jour de l’annonce des 200 quartiers prioritaires ? Or, le maire compte bien placer dans son bilan de fin de mandat la rénovation urbaine du quartier !

Ce laxisme, par rapport aux études commandés, se retrouvent également dans les rapports avec le cabinet CODRA qui a perçu près de 80 000 € pour accompagner à l’élaboration du Plan local d’urbanisme de Savigny et écrire la partie Mobilités. Or, d’après les documents communiqués, et ce qu’il en est ressorti dans les documents de PLU approuvés, Grand-Vaux est oublié. Or, qui vient d’obtenir la mission de l’étude sur les mobilités à Grand-Vaux ? CODRA !

Comment se fait-il donc que nos élus soient si peu regardants sur ce qui concerne Grand-Vaux. La première adjointe, Nadège ACHTERGAËLE, adjointe au maire en charge du Renouvellement urbain, est pourtant capable de ficher la population présente à l’atelier en indiquant qu’il y a deux personnes dans la salle qui n’habitent pas le quartier (en réalité, il y en a quatre). Dans son discours d’introduction, elle nous donne en plus une partie de la réponse :

À l’image du Conseil citoyen, ce qui est souhaité par l’État, c’est de ne pas faire siéger les élus. ici, ça va être la même chose donc je ne vais pas rester avec vous aux ateliers. Je vous fais confiance, vous allez sortir plein d’informations. En même temps, ça parait logique, parce que de toute façon, il ne faut pas biaiser ce type d’exercice, par des interactions politiques qui n’ont pas lieu d’être.« 

À Savigny-sur-Orge, les adjoints deviennent des divinités absorbées par leur mandat. Ils n’ont plus d’interactions avec le quartier dont ils pourraient témoigner. Ils n’ont plus d’objectivité sinon ils ne sont plus capables de contrôler leur parole car tout ce qu’ils disent ou font est politique. Dommage pour Nadège qui n’est même pas capable de voir que sur les tables, il a fallu que MEHLHORN foute sa gueule sur un dépliant. Mis à part cela, c’est apolitique !

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Seulement 31 personnes sont présentes parmi lesquelles 15 habitants du quartier et 4 usagers associatifs ou économiques. Les 12 autres font partie du staff de la rénovation dont l’animation, confiée à une société privée extérieure, État d’esprit, mais spécialisée dans la facilitation de l’action publique. Il faudra voir combien ils nous prennent pour une animation qui vise à faire ce que je fais aussi professionnellement, certainement pour beaucoup moins cher.

À un moment, l’animateur pose une question un peu précise au directeur du projet ANRU. Celui-ci répond par un magnifique « J’imagine » qui donne à penser qu’il ne connaît même pas son projet. Cette situation est aussi peu crédible que les représentants du bailleur Coopération et famille qui prétendent être là pour « analyser plus finement l’état des lieux ». Mais qui peut croire que le bailleur, si prompt à réclamer les charges, ignore les réalités de ses propriétés ?

Combien de temps encore les « rénovateurs » vont-ils faire croire qu’ils n’ont « aucune idée de comment le quartier va évoluer » ? Tout cela pour faire croire que le projet sera écrit de bout en bout par les habitants ! Si c’était vrai, à quoi bon ces promesses répétées d’actions de court terme, sinon dans un but de communication pour trouver la paix sociale ? Pourquoi l’enquête sociale concerne-t-elle l’ensemble des habitants et pas seulement ceux qui vont être déplacés ?

On pourrait comparer la situation de Savigny avec celles d’autres villes qui n’avaient jamais connu de projets de rénovation urbaine, ou même avec les autres projets d’ANRU 2 : Savigny est en retard, et je ne trouve pas normal qu’on ait mis plus d’un an à voter les délibérations, et à constituer une équipe, soi disant composée des meilleurs, comme l’avait prétendu le maire, ce qui ne se vérifie pas pour l’instant, et me fait craindre pour la suite. Tout cela est louche !

Le délégué du Préfet, qui s’est mis à ma table pour surveiller que je ne pervertisse pas les habitants autour de moi, est tout autant impuissant. Le simple fait qu’il ne se scandalise pas qu’on m’ait refusé la communication du protocole de préfiguration de l’ANRU montre qu’il ne respecte pas la Loi, et qu’il est lui aussi, en proie à une forme de corruption intellectuelle et morale, pour la raison qu’il transforme un service public en service privé et réservé !

Mais alors quels intérêts pour la Ville de Savigny-sur-Orge ? Tout d’abord dépenser de l’argent sous couvert de la rénovation, puisque le maire a promis 20 à 24 millions d’euros de dépenses d’ici la fin de son mandat. Ensuite, remplir le bilan. Il ne peut plus être le maire bâtisseur, il sera le maire reconstructeur. Enfin, gagner des voix car à force de propagande, MEHLHORN finira bien par faire croire qu’il est à l’origine du projet. Alors rendons justice à Laurence SPICHER.

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