Des bases de journalisme

Contrairement à ce que beaucoup croient, l’école de journalisme (la mienne m’a coûté 20 000 € pour trois ans de formation) n’apprend pas à écrire. Elle encadre simplement la pratique au contact de professionnels en renforçant la culture générale de l’apprenti-journaliste. Pour ma part, elle m’a biberonné au triptyque « enquête, interview, reportage » que je n’arrive pas à pratiquer une fois sorti de l’école du fait de mes exigences morales.

Le journaliste est un témoin qui raconte une histoire vécue et ressentie. Il cherche à traduire la réalité d’un événement sur un support à destination d’un public. Il informe en développant un sujet choisi en fonction de l’actualité, de sa signification, de son intérêt pour le public, de l’originalité du traitement qu’il va pouvoir lui apporter et des lois de proximité immédiate (temporelle, géographique, psycho-affective). Il doit répondre à toutes les questions qu’il pose.

Informer, c’est dire l’actualité, expliquer les événements pour donner aux citoyens les moyens d’agir, sensibiliser, mobiliser, alerter, initier, compléter ou élargir des connaissances en restant neutre et objectif. L’information trouve sa signification dans la résonance qu’elle va avoir dans le public. Elle est subjective à cause de l’angle choisi, du traitement de l’information et de la ligne éditoriale du média mais reste objective dans la vérité des faits qu’elle décrit.

Le style d’écriture dépend du support (l’écriture web est plus directe que l’écriture papier) ou du genre journalistique (brèves, chroniques, reportages, éditoriaux, compte-rendus, interviews, portraits, enquêtes, billets…). Tout article d’actualité répond aux questions factuelles : Qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Mais si la brève se limite à ces 4 W, les articles plus longs incluent les questions Comment ? et Pourquoi ? La capacité d’un lecteur est en moyenne de 1500 signes.


Les questions factuelles

Qui ? Qui est au centre de l’information ?

Quoi ? Quel est l’évènement ?

Où ? En que lieu précis s’est-il produit ?

Quand ? À quelle date – on sera plus ou moins précis selon le type d’article

Comment ? Quelles sont les circonstances exactes de l’évènement ?

Pourquoi ? Quelles causes ont entrainé sa survenance ?


L’angle

Il sert à préciser le traitement du sujet en allant à l’essentiel. Il ne présente qu’un aspect de la problématique de manière à sélectionner l’information en fonction du public. Il se doit d’être neutre et se limite à un par article. Trouver l’angle est la première chose à faire car il conditionne les questions qu’on va se poser pour écrire et le choix des trois sources qui apparaîtront dans le papier pour confronter le sujet. Pour choisir son angle, il faut voir si on peut le traiter, s’il correspond à ce que veut le public, s’il est pertinent et s’il est original.


Le titre

Il est une accroche qui doit convaincre de l’intérêt de lire. Il donne l’idée principale. Il peut être informatif ou incitatif mais doit éviter la formulation en question.


Le chapô

Il doit résumer l’information et donner au lecteur l’envie de lire l’article. Il ne doit pas comporter de citation et sa longueur ne doit pas excéder 240 signes maximum.


La rédaction d’un article


Règles de base :

Un article met un sujet en perspective. Il suit un plan hiérarchisé selon le modèle de la pyramide inversée. Le message essentiel se trouve dans les deux premières phrases de l’article.

Une phrase ne dépasse pas 15 mots. Une information par phrase. Une phrase pour une information.

Le papier doit être rythmé et suivre un fil conducteur pour être lisible. Il doit alterner phrases courtes et phrases longues, phrases qui expliquent et phrases qui nuancent. Il doit être aéré au moyen de ponctuation (attention à ne pas abuser des points d’interrogation) et de paragraphes. Il doit développer différents points de vue et citations. Comme au théâtre, il comprend une unité de temps, de lieu et d’action.


Les étapes de travail :

Trouver un sujet

Trouver l’angle

Trouver les sources

Collecter l’information

Hiérarchiser les informations

Rédiger

Se relire, corriger les fautes et reprendre son papier s’il ne nous plaît pas


Organisation du papier :

Le papier commence par une attaque qui doit capter l’attention et indiquer l’angle.

Sa mise en page est aussi essentielle. Son développement doit être aéré au moyen de paragraphes. Il peut être illustré par une image, forcément en lien avec le sujet.

La chute peut conclure, parfois ouvrir, si possible ne pas poser de questions auquel le lecteur ne trouverait pas de réponse. Elle doit laisser une impression agréable au lecteur (qu’il a appris quelque chose par exemple).

Les intertitres doivent permettre au lecteur de survoler l’article. Ils sont composés de phrases extraites du texte et mises en exergue. Ils doivent être concrets, imagés et frappant.

S’il reste du texte et qu’il est lié à l’angle, mais qu’il ne s’insère pas dans le papier, par exemple parce qu’il le déséquilibre, on peut faire du hors-texte (un encadré).


Conseils :

  • Écrire au présent de l’indicatif
  • Faire des phrases simples et précises
  • Privilégier le style direct
  • Utiliser des images
  • Laisser au placard les effets de styles
  • Éviter les propositions qui allongent les phrases (que, qui, parce que, car…)
  • Bannir les jargons que le public ne pourrait pas comprendre
  • Limiter les acronymes au maximum
  • Abandonner les expressions toutes faites


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