Rénovation de Grand-Vaux : comment associer les habitants le moins possible ?

« On est le 15, c’est l’urbanisation » lance une jeune collégienne. À l’angle des rues Monet et Ouzilleau dans le quartier de Grand-Vaux, une grande tente blanche a été installée pour l’occasion afin d’ « expliquer et de laisser s’exprimer (sur) » le thème de la rénovation urbaine. En réalité, il ne s’agit que d’un coup de communication volontairement raté pour faire croire à un avancement et recueillir des inscriptions pour deux ateliers diagnostics.

Comme c’est étrange, malgré tous les efforts, il n’y a qu’une quarantaine de personnes qui se sont déplacées. Même la députée, le maire et sa première adjointe, pourtant chargée du renouvellement urbain sont absents. Et pour cause, les vrais gens (pas les professions libérales indépendantes comme moi) ne sont peut-être pas disponibles le mardi entre 15 heures et 18 heures parce qu’ils sont en cours ou travaillent, ou peut-être même cherchent du travail…

Alors pourquoi cette date et ce lieu ? Parce qu’ils étaient censés permettre de toucher les parents et les jeunes à la sortie de l’école (ceux-là même qui viennent surtout pour le goûter offert ?) Or, ce qui est intéressant à les écouter est qu’ils ont l’impression qu’on va TOUT raser, et qu’à la place, ils auront de beaux logements neufs, un centre de santé, une PMI, un nouveau centre commercial, une piscine, ce qu’à aucun moment quelqu’un ne va chercher à nuancer !

De nombreuses personnes passent pourtant en voiture juste devant cette tente, ralentissent pour regarder mais ne viennent pas pour autant. La plupart roulent assez mal, peut-être parce qu’ils téléphonent en conduisant, manquant de renverser un gosse ou de se prendre la bordure du rond-point en béton. D’autres passent à pied en parlant tamoul, espagnol ou portugais. Tiens d’ailleurs, comment cela se passe la rénovation pour ceux qui ne parlent pas français ?


Dysfonctionnements répétés

Comment croire à l’honnêteté de la démarche de rénovation du quartier quand les mensonges s’accumulent ? Quand la transparence est absente ? Que le calendrier change trois fois par an avec un nouveau report de l’ouverture de la maison du projet à fin 2016 ? Que j’assiste à un nouveau témoignage d’une personne qui avait voulu intégrer le Conseil en 2014 mais à qui on avait refusé l’accès (donc Christelle FAURE a tort de dire qu’ils ont pris tous les candidats) ?


Une devise sibylline : « Mon quartier, mes idées, son avenir »

Faut-il comprendre que l’avenir de Grand-Vaux se passera sans moi ? Concrètement, on veut bien de mes idées mais on ne m’inclut pas dans l’avenir du quartier. Pourquoi donc ? Peut-être parce que j’aurais été relogé ailleurs dans l’EPT 12 ? Je trouve assez malsain le sentiment identitaire créé par le « mon quartier » qui renferme les habitants. Le bailleur me dit : « oui, mais c’est pas ma cité« . Ouais, mais dans la mondialisation, qui s’identifie aujourd’hui par son quartier ?


À quoi bon recommencer le diagnostic ?

Pourquoi n’en sommes-nous toujours qu’au diagnostic lorsqu’en nous comparant avec les autres projets ANRU 2, plusieurs grosses villes en sont déjà au conventionnement, donc ont plus d’un an d’avance sur nous ? Hier, c’était trois heures pour décrire le quartier en un mot et s’inscrire à deux ateliers diagnostics ouverts à la population dont un en marchant. Mais au fait, pourquoi demander après coup à la population de doubler le travail du Conseil citoyen ?


Pessimisme et résignation

Une passante dit : « ça fait longtemps que j’ai renoncé à l’avenir de ce quartier« . Une autre confie : « les gens veulent que ça bouge sans se bouger ». Plusieurs colistiers du Front national passent, et sans s’arrêter disent bien fort que rien ne changera (comportement étrange de gens qui font de la politique de ne pas y croire). Une jeune fille lâche : « de toute façon, ça va être tout cassé ». Même les « sécurité école » qui travaillent dans le quartier ne font pas semblant de s’intéresser.


Des questions sans réponses

Plusieurs inquiétudes sont posées mais personne ne semble les entendre, ou chercher à démystifier leurs enjeux :

1) la charte de relogement qui veut juste dire que le bailleur s’engage à reloger dans l’EPT 12, prioritairement en Essonne, les personnes déplacées sur la base de loyers encadrés par l’ANRU. Il n’y a cependant aucune promesse que les personnes délogées reviennent après les travaux.

2) l‘évolution des loyers si la valeur immobilière remonte : ils pourront légalement être augmentés par le bailleur ; si vous ne pouvez pas les payer, vous dégagerez. L’aide financière spéciale au logement ne s’applique que pour les personnes déplacées.

3) l’opposition aux projets de rénovation ; soi-disant que la volonté de la majorité sera respectée si la moitié des habitants s’opposent à la destruction de leur tour. Que cache le fait que cette hypothèse soit admise ? Pour l’instant, plus d’habitants ont peur de quitter Grand-Vaux parce qu’ils n’y reviendraient pas, que l’inverse…

4) l’état global du quartier : peut-être qu’on viderait les poubelles de la place tous les jours au lieu de les laisser en plein milieu qu’elles ne seraient pas incendiées ? Peut-être qu’il faut chercher des solutions juridiques pour contraindre le propriétaire de Franprix à bouger ?

5) l’appropriation du projet par les habitants : Pourquoi dans les écoles on ne demande pas aux enfants d’imaginer ou de participer à la rénovation ? Actuellement, c’est l’IFAC qui possède le monopole sur cette partie. Mais puisqu’on en est au renouvellement du marché de la direction du centre social de Savigny, qui nous dit qu’ils vont rester ?


Clientélisme politique

Globalement, ce sont toujours les mêmes qu’on revoit d’une réunion à l’autre, et qui n’échappent pas à des tentatives de récupérations politiques de la part des élus présents. Alors on choisit son camp : l’excuse sociologique ou le grand ménage, sans juste milieu possible. Le plus fort reste quand certains vont chercher des excuses à la droite de se foutre de ce quartier depuis 1983. Daniel GUETTO, élu depuis 1989, se pose là en défenseur de Grand-Vaux !


Cette rénovation ressemble de plus en plus à de l’abus de faiblesse et de l’abus de confiance. On débite aux habitants de Grand-Vaux un discours qui n’est pas celui des textes réglementaires ou qui permettra de maintenir la paix sociale jusqu’à ce que les faits soient accomplis. On évoque toujours l’avenir en laissant de côté le présent. On évite surtout de citer des exemples de rénovations urbaines réussies, dès fois qu’elles annoncent un échec à Savigny.



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