Sur l’échec du vote communautaire basé sur l’immigration (Terra Nova)

Mais comment est-ce possible ? Alors que les hommes blancs protestants ne représentent que 23 % des électeurs américains, TRUMP gagne avec plus de 47 % des voix. Serait-ce donc que des Américains issus de l’immigration, auraient voté pour l’affreux raciste ? Aux États-Unis, comme en France, il n’est plus possible pour un seul parti politique de capter tout l’électorat issu de l’immigration. Analyse et interrogations.

En France, environ 1/3 de l’électorat du Front national est issu de l’immigration. Un paradoxe pour le parti extrémiste, prétendument xénophobe. Pourtant, pendant des décennies, la gauche s’est évertuée de capter cet électorat qui aujourd’hui lui échappe : c’était la stratégie « Terra Nova« . De la même manière, aux États-Unis, les démocrates pensaient à tort qu’ils ne pourraient pas perdre, soutenus par les femmes, les Afro-américains et les Hispaniques.

En dehors de toute considération idéologique, aucune démocratie n’échappe à l’alternance. Forcément pour celui qui veut tout rassembler, le jour où les électeurs veulent changer, ils se tournent vers l’opposition, sans forcément regarder ses idées. Aujourd’hui, les mouvements populistes plaisent tandis que la gauche, en proie aux échecs économiques, repoussent. Sans vouloir voter démocrate, tout en voulant provoquer une élection, il fallait voter républicain.


Les personnes immigrées sont globalement conservatrices

Il n’y a guère que l’Occident qui s’est « libéré » des religions, y compris de leur influence culturelle, probablement parce qu’il l’a remplacé par l’argent. Ce qu’il faut voir avec l’immigration est que ceux qui arrivent, conservent de leur identité passé à commencer par la religion. Aux États-Unis, ils viennent plutôt de la civilisation latino-américaine, donc sont chrétiens. En France, la vieille immigration est chrétienne mais la nouvelle provient plutôt de la civilisation arabo-musulmane.


La gauche est trop évolutionniste

Fini le temps où la gauche défendait les ouvriers, ils ne sont plus assez nombreux pour faire l’élection depuis les années 1960. Du coup, le clivage gauche-droite s’est transformé en progressistes contre réactionnaires. Mais aujourd’hui, vouloir défendre à tout prix la défense des droits des homosexuels ou la libéralisation de la drogue, est incompatible avec le fond culturel de nos immigrés que l’on fait le choix d’intégrer donc à qui on laisse cette base morale.


L’extrême-droite est la seule aujourd’hui à défendre certaines valeurs

La droite reste persuadée qu’une élection se gagne au centre, alors elle tend vers la gauche. L’extrême-droite, elle, drague la droite qui refuse ce centrisme, en affirmant des positions droitières sur la famille, la sécurité, la morale par exemple. Il y a aussi le phénomène de « refermer la porte derrière soi« . Les populations de l’immigration savent que plus ils seront, et plus il faudra partager. Donc ils veulent garder les intérêts d’être immigrés, pour eux seuls.


Certes, les démocrates comme la gauche défendent les droits des immigrés. Mais au prix de concessions sociétales que les populations issues de l’immigration refusent pour l’instant d’entendre, et refuseront (à mon avis) tant qu’elles conserveront des particularismes identitaires notamment religieux, qui leur font refuser cette évolution progressiste de la gauche. La faute à une politique d’intégration privilégiée à une politique d’assimilation.

Dans un système bipartite, on choisit donc le parti opposé qui a le plus de chances et qui sera le plus faible pour défendre ses idées, en l’occurrence la droite, ou même l’extrême-droite ; aux États-Unis, les républicains. Il n’y a donc pas tant forcément de la part des électeurs issus des communautés un rejet de la gauche et des démocrates, mais en tout cas, clairement au moins pour une minorité, une préférence pour les idées et les valeurs sociétales des républicains.

En France, les banlieues, du moins les villes de petite Couronne, composée d’une forte population immigrée, ont cessé de voter à gauche avec le mariage pour tous. Aujourd’hui, les Portugais en France ou les Antillais de l’Outre-mer votent aussi beaucoup (paradoxalement aux programmes qui ne leur sont pas favorables) pour le FN, parce que leur christianisme ou leur morale inspirée des religions refuse de suivre une gauche qui confond progrès et progressisme.



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2 réflexions au sujet de « Sur l’échec du vote communautaire basé sur l’immigration (Terra Nova) »

  1. Jean-Marie CORBIN

    Je pense que le vote Trump fut un vote de protestation. Manifestement, la mondialisation bobo béate ne passe pas mieux de l’autre coté de l’Atlantique qu’ici dans la vieille Europe occidentale (Brexit, Wallonie et le CETA, référendum français du 29 mai 2005 etc …). L’Élite Mondiale gonflée d’orgueil (et de cocaïne ?) est incapable de se remettre en question et continue d’ignorer les appels à l’aide des classes moyennes perdantes de ce tourbillon paupérisateur. Voilà les résultats des premières courses et à mon humble avis, ce n’est pas fini …

    Répondre
    1. Vagneux Olivier Auteur de l’article

      Je pense que la victoire de TRUMP est due à une conjonction de raisons, qu’on ne peut pas limiter à un vote protestataire. Toujours est-il qu’il a manqué des voix à Hillary CLINTON qui en perd environ 5 millions par rapport à OBAMA en 2012.

      Répondre

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