Présidentielle : Europe-Écologie les Verts (EELV) doit-elle présenter un candidat ?

Yannick JADOT a remporté la primaire d’Europe écologie les Verts (EELV) en vue de l’élection présidentielle de 2017. Mais face à la crise identitaire que traverse son parti, doit-il quand même se présenter à la présidentielle ? Ne ferait-il pas mieux de préparer la suite à commencer par les législatives ? Analysons ensemble quelques arguments en faveur ou en défaveur d’une candidature indépendante à la prochaine élection.

Depuis leur déroute aux régionales, les écologistes n’ont effectivement plus 500 soutiens encartés qui pourront leur apporter un parrainage. Mais pas de panique, depuis 1974, les écologistes comme très paradoxalement l’extrême-gauche dans ses différentes composantes (trotskyste ou révolutionnaire) sont toujours parvenus à convaincre 500 élus de les porter. Que ce ne soit pas le cas en 2017 serait donc plutôt le fait de manœuvres du Parti socialiste !


Du principe de présenter un candidat

Depuis 1974, les écologistes ont toujours présenté au moins un candidat qui n’a cependant jamais réussi à s’imposer dans une vie politique jusque-là bipartisane. Mais au-delà du score, présenter un candidat envoie un message d’existence et de structuration. Quelque soit le résultat, symbolique, qui peut n’influer que sur une élimination au premier tour, seul compte que ces quelques centaines milliers de voix peuvent être décisives au deuxième tour.


Du risque d’éliminer la gauche dès le premier tour

Il existe, mais avec un tel argument anti-démocratique, seuls les trois principaux partis concourraient. Si donc le PS perd en 2017 alors qu’il y a une candidature écolo, on pourra l’interpréter comme le fait que le PS n’a pas réussi à rassembler ses sympathisants dès le premier tour, comme en 2012. Déjà en 2002, ce ne sont pas CHEVÈNEMENT ou TAUBIRA qui ont privé JOSPIN de sa victoire, mais plutôt le Premier ministre sortant qui a raté sa campagne.


Du risque de se vautrer et de faire pire qu’Éva JOLY (2,31 %)

Qu’est-ce qu’un bon score ? Beaucoup pensent aux fameux 5 % nécessaires au remboursement des frais de campagne. En 2002, Noël MAMÈRE a réalisé le plus haut score des Verts à une présidentielle soit 5,25 %. Pourtant, cela fut suivi par l’élection de seulement trois députés aux législatives, alors que ces 2,31 % de 2012 ont vu l’élection de 17 députés EELV. Quelque soit le score, il aura peu de sens car les écolos, en plus divisés, sont meilleurs aux élections locales.


De la difficulté de faire campagne sans argent

Les écolos sont face à un dilemme : comment faire campagne sans argent en investissant une somme qui sera probablement perdue, quand ils auront besoin d’argent pour les législatives à l’issue desquelles ils peuvent obtenir des fonds annuels ? À l’heure du numérique, il est possible de faire campagne sans trop dépenser. Mais les écolos peuvent aussi ne cibler que les circonscriptions législatives où ils peuvent espérer plus de 5 % et emprunter pour se financer.


De la division des écologistes

EELV a implosé lorsque plusieurs de ses têtes sont partis début 2016 pour rentrer au Gouvernement. L’un des dissidents, François DE RUGY a même annoncé qu’il candidaterait au sein de la primaire de la Belle alliance populaire pour représenter un courant écologiste. Cette situation, dans le contexte que connaît la gauche en France, ne peut qu’être favorable au parti qui peut ainsi justifier de ses difficultés électorales par un éparpillement de ses militants.


Les écologistes feraient-ils mieux de négocier en vue des législatives ?

Puisque les législatives rapportent de l’argent au contraire de la présidentielle, les écologistes ne devraient-ils pas mieux négocier comme en 2011 avec le PS pour conserver un groupe parlementaire et les fonds qui vont avec ? Mauvaise idée, car le déclin des écolos est liée à leur participation au Gouvernement qui n’a pas permis l’aboutissement de leurs combats. Donc c’est seulement en retrouvant une indépendance partisane qu’ils pourront gagner de nouveau.


Le parti ne doit-il pas d’abord se reconstruire ?

EELV ne peut pas se reconstruire avant 2017. À peine éliminée, Cécile DUFLOT évoquait l’après-reconstruction des écologistes (ce faisant, elle montrait ne pas comprendre que la base la rejette). Effectivement, les écologistes du Gouvernement ont besoin d’être clairement rejetés au moyen d’une prochaine élection pour que l’écologie politique puisse se retrouver autour d’un parti principal, qui peut-être permettra le retour d’acteurs politiques historiques de l’écologie.


Rien n’oblige EELV à présenter un candidat à la présidentielle même si c’est pourtant ce qui permettrait au parti actuel, affaibli, de prouver son indépendance face aux opportunistes qui l’ont manipulé entre 2006 et 2016. L’enjeu se porte surtout sur les élections législatives que les écolos ne peuvent en aucun cas négliger, s’ils veulent rester la sixième force politique française. Mais pour tout cela, il faut qu’EELV se libère du PS et retrouve son indépendance. En 2017 ?



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