Ce que j’ai pensé du deuxième débat de la droite et du centre (2016)

Je me disais que ce deuxième débat serait, vu les thèmes abordés, plus intéressant que le premier. Perdu, il fut encore plus ennuyeux malgré les piques qui prêtaient à sourire, mais restaient plutôt pitoyables qu’autre chose. Ils en sont encore et toujours à s’accuser mutuellement de la défaite de 2012 et à refaire l’inventaire du quinquennat SARKOZY. Quant aux programmes, beaucoup de ce qui est dit n’est pas appuyé voire irréalisable…

Que je trouve pénible les journalistes animateurs qui amènent comme sujets de discussion des thèmes dont on se fout éperdument à commencer par François BAYROU et le centre, juste pour provoquer le clash. Leurs questions étaient à charge contre certains candidats comme Nicolas SARKOZY ou Jean-Frédéric POISSON tandis qu’Alain JUPPÉ n’était pas trop chatouillé sur ce qui aurait pu déranger. Clairement, les médias favorisent certains candidats plus que d’autres…

Une fois de plus, nous avons vu des politiques hors-sol qui trouvent normal, qu’en République, on puisse se balader avec des cocktails Molotov. Qu’on puisse sinon avoir participé une entreprise terroriste en Syrie mais qu’on ne soit pas systématiquement emprisonné au retour, au cas où on serait rentré dans le droit chemin. Ou encore des politiques qui sont favorables à une parité idéologique, mais n’évoquent qu’assez peu les compétences des uns ou des autres.


Jean-François COPÉ

Grosse déception d’un candidat qui sur sa lancée du premier débat, a voulu en faire trop, et s’est retrouvé dans l’outrance. Il a tenté l’humour pour se distinguer, mais ses comptes à régler avec SARKOZY, qu’il attaque régulièrement sur la place publique, sont indécents. S’il a fait oublier le psychodrame de l’élection à la présidence de l’UMP de 2012, il se positionne comme un élément indésirable et perturbateur au moyen de sa « droite décomplexée » qui l’isole.


François FILLON

Il a travaillé sa stature de présidentiable, et il est resté constant et logique dans ce qu’il disait. Mais il n’a pas été offensif pour aller chercher la deuxième place. Il a tenté une petite anaphore, il a essayé de montrer un autre visage, mais finalement, il cherche à imiter un homme qu’il n’est pas. Je ne suis pas certain que ce soit cela que son électorat attende, et qu’il gagne des voix avec cette stratégie. Lui a raison de ne pas attaquer SARKOZY car il se mettrait alors en cause.


Alain JUPPÉ

Une force tranquille qui n’est pas trop embêté, ce qui me dérange un peu. Il tient son discours qui reste cohérent. Il confirme sa stature de présidentiable. Mais à force de ne pas se risquer, je pense qu’il va perdre des points dans les sondages des dernières semaines. C’est toujours bisounours (surtout de considérer que le plein emploi se fait avec 6 % de chômeurs donc 1,6 million de Français sans emploi) et en même, il vend un rêve auquel aspire les Français…


Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET

Elle est passée à l’offensive, mais s’est limitée à des attaques contre les autres. Ce n’est personnellement pas cela que j’attends d’un président. Néanmoins, elle fait valoir ce qu’elle sait, sur des domaines très précis et donne ce faisant, l’image d’une technicienne coupée du Peuple. Je suis profondément dérangé par ses interventions sur l’islam, et je n’ai qu’une peur : qu’elle soit la future Première ministre de JUPPÉ et n’en fasse finalement qu’à sa tête.


Bruno LE MAIRE

Un peu plus en forme qu’au premier débat, Monsieur, qui avait mis une cravate pour l’occasion (donc qui a été réprimandé par son conseiller communication), est toujours aussi pédant avec son jeunisme. Je ne comprends pas qu’il n’exploite pas mieux son programme (enfin, si, c’est parce qu’il ne l’a pas écrit donc qu’il ne le connaît pas). Il reste distant au travers du débat, enfermé dans son image de technocrate élitiste, et s’énerve car FILLON lui grille la place…


Jean-Frédéric POISSON

Mal à l’aise dans ce débat, où il n’a eu de cesse de devoir s’expliquer ou de se justifier sur certaines de ses positions. Il tient réellement un positionnement différent et intéressant mais qui le rend inclassable tantôt à gauche tantôt à l’extrême-droite, et déstabilise car diffère réellement du programme traditionnel de LR. S’il avait agréablement impressionné la première fois, il n’a pas été très flamboyant pour ce deuxième débat, une fois dissipé l’effet de surprise.


Nicolas SARKOZY

Il confirme ne plus avoir l’énergie de 2007, qui s’était déjà éteinte en 2012, même s’il reste présidentiable. Il est sans cesse obligé de se défendre même s’il répond bien aux attaques. Il en arriverait presque à ce qu’on ait pitié de lui face à l’acharnement dont il est victime. Sa grande difficulté est de concilier ses propositions nouvelles avec ce qu’il a fait précédemment car le contraste fait planer le doute. S’était-il trompé avant, ou la situation impose-t-elle de changer ?


Même si ces débats permettent à FILLON de se démarquer de LE MAIRE, et certainement à NKM de gagner des points, ils ne changent pas grand chose. Le plus fort paradoxe est que même SARKOZY, alors qu’il est en souffrance face à JUPPÉ, parvient mieux à convaincre à droite… Donc les militants ne se fondent pas sur les débats , qui toutefois confortent leurs idées. En attendant, ils sont surtout communication pour inviter les Français à voter JUPPÉ.



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