Énormément déçu par le film du Transperceneige (Snowpiercer)

Je me faisais une joie de voir pour la première fois le Transperceneige, ce film dont j’avais entendu tellement de bien. Mais j’ai rapidement déchanté sitôt les premières minutes. J’ai alors cherché des avis sur internet et je suis tombé sur la très bonne chronique d’un odieux connard qui résume bien l’aventure et dit beaucoup des choses que je pense. Je m’arrêterai pour ma part uniquement sur les incohérences qui m’ont mis mal à l’aise.


À la base, un concept intéressant, comment s’organisent et survivent des Hommes à bord d’un train condamné à rouler pour l’éternité. Le fait qu’il y joue Ed HARRIS et Chris EVANS aurait dû être un gage supplémentaire de qualité. Et puis un sujet fort mal-traité : des pauvres entassés au fond du train, des riches devant et une révolution communiste pour que les pauvres aient accès aux privilèges des riches, et surtout qu’on arrête de les mépriser et de les malmener.


Le synopsis

Pour lutter contre le réchauffement climatique, les gouvernements ont dispersé des agents chimiques refroidissant , qui ont tout détruit à l’exception des ours polaires, et des quelques humains qui ont trouvé refuge dans un train : le Transperceneige. Ce dernier fonctionne en circuit fermé et récupère son énergie et son eau des blocs de glace qu’il transperce (le tout sans que cela ne le fasse dérailler). Mais encore faut-il réguler la population à l’intérieur du train…


Le scénario

Les héros font partie de la population pauvre du train. Ils mangent des barres protéinées composées d’insectes, et trouvent dedans des indices qui les incitent à la révolution. (On découvrira qu’il s’agit d’un complot pour les pousser à la guerre et auto-réguler la population du train). Mais pour faire fonctionner le train, aux mains des riches, engin qui s’abime après 17 ans, on vole les enfants des pauvres pour remplacer les pièces de la machinerie défectueuse.

À la suite d’un kidnapping qui tourne à l’émeute, on décide de hâter la Révolution, et on commence par massacrer les employés du recensement (qu’on voit deux fois en quelques jours au cas où la gestation humaine se serait subitement accélérée). Puis nos révolutionnaires avancent au wagon-prison pour libérer un génie informatique qui devra leur ouvrir les portes jusqu’à l’avant du train. Ils se retrouvent alors face à une armée munie de haches.

Nos pauvres se battent et résistent ; le héros glisse même sur un poisson dont on ne comprend pourquoi il est amené là. Arrive alors la vilaine moche et méchante qui vient leur souhaiter la nouvelle année et annoncer que 74 % des habitants du train vont mourir (parce qu’ils ne peuvent pas réguler au fur et à mesure). Comme tous les premiers de l’an, le train arrive alors dans un tunnel et les soldats munis de leurs haches sortent alors des lunettes à infrarouge.

L’histoire pourrait alors s’arrêter, mais nos héros ont l’idée et le temps de faire fabriquer des torches qui vont aveugler les guerriers nyctalopes, qui sont vraiment nuls parce qu’ils n’ont pas réussi à tuer tout le monde dans leur assaut nocturne. Le combat reprend et alors que Curtis, le héros principal pourrait sauver son meilleur ami d’une mort certaine, il préfère l’abandonner pour capturer la méchante qui est censé le guider vers l’avant. À quoi sert donc l’informaticien ?

Les héros victorieux se remettent en route, mais font quand même une pause pour manger des sushis et forcer la méchante à avaler une barre d’insectes… Ils arrivent au wagon-école où seulement dix enfants du même âge apprennent l’histoire du train et pourquoi il ne faut pas aller dehors. Puis un homme débarque et distribue des œufs pour fêter le nouvel an. Sauf que dans son chariot se cachent des armes. Éclate une nouvelle fusillade qui décime nos héros.

Les survivants avancent encore mais le train fait une boucle. Et alors qu’il ne devrait faire qu’une vingtaine de wagons, on en voit plus d’une trentaine. Aux deux extrémités se tirent alors dessus le héros principal et le chef de la sécurité. Ils essaient de s’abattre à plusieurs centaines de mètres en tirant au travers de vitres blindées… Finalement, ils se rejoignent et le héros étrangle le méchant, qui n’est en fait pas mort et reviendra quelques temps plus tard.

Notre équipée de trois survivants arrive au devant du train. Entre temps, ils ont croisé les jeunes qui vivent dans une sorte de boîte de nuit en fumant de la drogue toute la journée. Pourtant, cette même drogue est censée être explosive… Ils rencontrent le maitre du train (son concepteur) qui leur explique son plan d’autorégulation de la population. Sur ce, il dit qu’il se fait vieux et demande au héros de lui succéder. Ce dernier refuse. Une nouvelle fusillade éclate.

Le chef de la sécurité réapparait et reprend le combat. L’informaticien, qui s’était pris une balle et avait été laissé pour mort avant d’entrer dans la salle des machines, aussi. Notre héros demande au maitre du train pourquoi ce besoin d’enfants. Il lui répond qu’il faut remplacer les pièces. Alors pour arrêter cet esclavage et libérer l’enfant otage, notre héros (qui a un complexe avec son bras) le bloque dans la machine pour casser le système de fonctionnement du train.

Cela étant fait, la fille de l’informaticien, à qui son père a dit, que la neige avait désépaissit, donc qu’ils pourraient bientôt sortir, fait exploser une porte mais le train déraille à cause d’une avalanche. Deux personnes seulement (la fille et l’enfant libéré) semblent survivre et se retrouvent dehors, près d’un ours polaire. S’ils ne sont pas morts de froid dans les trente secondes, il ne leur restera plus qu’à repeupler la Terre. J’ai pas vraiment compris la fin…


Quelques incohérences

Ce train fonctionne depuis 17 ans sans s’arrêter et sans problèmes, sans que personne n’entretienne les voies, quand l’acier des rails du RER C se rétracte au premier gel. Certes, nous ne sommes pas encore en 2031, mais c’est censé avoir été conçu en 2014.

On vient les recenser apparemment tous les jours lorsqu’on la nourrit (à ma connaissance, la gestation humaine est de neuf mois) pour mieux réguler la population, et au lieu de faire le ménage successivement, on décide d’un coup qu’il fait en éliminer 74 %.

Plusieurs dialogues manquent de logique. Une mère qui annonce que son fils possède un message dans sa barre protéinée alors qu’il n’a pas encore été entamé… La fille de l’informaticien qui serait voyante, alors qu’elle n’apprend rien…

Tout au long du film, il y a un complexe autour de l’enfance et des bras. Un des protagonistes qui a offert son bras à manger en lieu et place d’un enfant ; un autre à qui on fait geler son bras pour le punir de s’être rebellé ; le héros principal qui se veut d’avoir mangé le bras de son ami et qui cherche un moyen de sacrifier son bras, ce qu’il fera dans la machine à la fin…


Le fait de relever les incohérences du film est finalement plus intéressant que de regarder le film lui-même. Les comportements humains sont présentés dans ce qu’ils ont de plus bestiaux, et c’est finalement un film très négatif. On voit au moins les conséquences de l’intolérance et d’avoir méprisé le concepteur du train qui passe le film à se venger… Bref, je ne comprends pas comment les critiques cinéma ont-ils autant pu apprécier ce film… Vraiment dommage !



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3 réflexions au sujet de « Énormément déçu par le film du Transperceneige (Snowpiercer) »

  1. Ping : Chronique du film « L’appel des zombies  inspiré du roman « Cellulaire  de Stephen KING | «Le Savinien libéré

  2. Fabien

    Les spoils de l’odieux connard sont excellents. Je conseille ceux qu’il a fait sur la série Twilight.
    Ses caricatures politiques (https://unodieuxconnard.com/category/politique/) valent aussi le détour.
    Concernant Transperceneige, il est inspiré d’une bédé française qui, paraît-il, est beaucoup mieux et bien moins incohérente que le navet qui en est issu.

    Répondre
  3. Jean-Marie CORBIN

    Je pense que si tu parles de ce film à tes parents pharmaciens, ils te répondront que Bong Joon-ho le scénariste du film a sans aucun doute dépassé la dose prescrite.

    Mais le mieux reste à lire sur Wikipedia : « Le Transperceneige est une bande dessinée de science-fiction post-apocalyptique française en noir et blanc créée par Jacques Lob (scénario) et Jean-Marc Rochette (dessin). Elle est publiée d’octobre 1982 à juin 1983 dans (À suivre) avant d’être reprise en album en février 1984 par Casterman. Après le décès de Jacques Lob en 1990, le scénariste Benjamin Legrand reprend l’univers et deux nouveaux albums sont publiés en 1999 et 2000. Le premier album est récompensé du Prix Témoignage chrétien au Festival d’Angoulême 1985. Le réalisateur coréen Bong Joon-ho l’adapte au cinéma sous le nom de Snowpiercer, le Transperceneige, en 2013. » => Les critiques de Témoignage Chrétien de l’époque avaient de drôles goûts. Tu confirmes ?

    Répondre

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