Quelques réflexions sur la lettre politique des évêques de France en vue des élections de 2017

Les évêques de France ont écrit une longue lettre aux Français (60 pages) en vue des élections de 2017. Sous couvert de prendre le « parti d’une société qui ferait une pleine place à l’Homme« , ils montrent en fait leur grande déconnexion avec la réalité. En effet, l’Église qui développe un discours très bisounours, très islamophile et très pro-migrants, coupée de ce que vit la base des fidèles, ne comprend pas la montée du FN et des intolérances.

À partir du site de l’Église catholique en France qui isole les extraits les plus représentatifs du texte, je vous propose quelques commentaires personnels. En toute franchise, je ne me retrouve pas dans ce document, de moins en moins dans l’Église. Aux JMJ de Cracovie, j’ai vu une majorité de prêtres et de jeunes qui disaient attendre de recevoir l’Esprit saint pour se bouger, personnellement je pense que nous l’avons déjà et que c’est à nous de le faire vivre.


1.      Retrouver le sens du politique

… La crise de la politique est d’abord une crise de confiance envers ceux qui sont chargés de veiller au bien commun et à l’intérêt général…

==> Par mes engagements de citoyen non élu et de journaliste politique, je sais déjà que les citoyens, autant que les politiques n’ont pas plus de convictions ou de confiance en eux. Mais comment pourrait-on en plus avoir confiance dans ceux qui ne respectent pas leurs promesses ? La crise de la politique est qu’on ne vote plus pour des personnes ou des idées, mais pour des partis corrompus par des intérêts financiers, si encore on ne vote pas contre les autres.


2.      Une société en tension

…La contestation est devenue le mode de fonctionnement habituel, et la culture de l’affrontement semble prendre le pas sur celle du dialogue…

==> Notre société est devenue idéologique et manichéenne, en plus d’être individualiste. L’Humain a fait abstraction de sa conscience, au profit d’un prêt-à-penser qui évite tout dilemme moral. Que l’État retrouve son rôle d’arbitre, que l’on réapprenne aux gens à penser par eux-mêmes et à ne pas avoir peur d’être hors de la pensée unique, et les structures de débat repartiront. Surtout qu’on s’affronte parce qu’il n’y a pas de travail pour faire oublier.


3.      Ambivalences et paradoxes

…Le contrat social, le contrat républicain permettant de vivre ensemble sur le sol du territoire national ne semble donc plus aller de soi. Pourquoi ? Parce que les promesses du contrat ne sont plus tenues. Il a besoin d’être renoué, retissé, réaffirmé. Il a besoin d’être redéfini…

==> Le contrat social se traduit par des lois votées par le Parlement. À partir du moment où le Parlement ne représente plus le Peuple mais des partis donc des intérêts. Dès l’instant même où nos législateurs ne sont pas choisis pour leur mérite, il n’est pas étonnant qu’il n’y ait plus d’exemples vertueux, et qu’ils enterrent ce contrat. Si la société ne va plus, c’est parce que la République ne va plus, car beaucoup ne l’aiment plus et n’ont plus envie de la défendre…


4. Un contrat social à repenser

…Les valeurs républicaines de « liberté, égalité, fraternité » souvent brandies de manière incantatoire, semblent sonner creux pour beaucoup de nos contemporains sur le sol national….

==> Effectivement, les citoyens ne défendent pas les libertés collectives (il y aura bien un VAGNEUX pour le faire à ma place) et avec les attentats, ils sont même prêts à sacrifier leurs libertés individuelles. Les inégalités n’ont jamais été aussi grandes et elles continuent de se creuser. Mais on s’y est résolu, la mondialisation ne permettra pas d’égalité parfaite. Quant à la fraternité, je veux bien mais après moi. L’Homme n’a plus d’utopie donc il se méprise.


5. Différence culturelle et intégration

…Il convient donc pour l’avenir de notre société de redéfinir ce que c’est d’être citoyen français, et de promouvoir une manière d’être ensemble qui fasse sens…

==> Cette question, au-delà du fait qu’elle est insoluble, est la caractéristique que la France va mal, car si tout allait bien, elle ne se la poserait pas. Aucune réponse ne satisfera jamais la majorité, alors on renonce au 100 % et on cherche le compromis pour 50 % et une voix. Mais le vrai problème reste que ce sont certains qui ne veulent pas faire ensemble. De là, on ne peut pas les y contraindre, et ils devraient donc sortir de la société pour garder un ensemble sensé…


 6. L’éducation face à des identités fragiles et revendiquées

…Plus que d’armure, c’est de charpente que nos contemporains ont besoin pour vivre dans le monde d’aujourd’hui…

==> Là dessus, l’Église aurait peut-être dû s’intéresser au combat de La Manif pour tous, qui essayait d’interpeller sur les réformes de l’éducation. Mais puisque même les associations de parents d’élèves des écoles privées soutiennent les projets gouvernementaux. J’ai la faiblesse de penser que c’est dans le savoir, et non pas dans l’idéologie qu’on arme les consciences. À partir de là, une idéologie en chasse une autre. Le jihadisme chasse le républicanisme.


 7. La question du sens

…Depuis une cinquantaine d’année, la question du sens a peu à peu déserté le débat politique…

==> Il n’y a plus de débat politique en France car les intellectuels (et les catholiques) ont déserté le champ de la pensée. Ensuite, parce que le personnel politique est minable. En effet, les partis pour être certains d’être suivis, placent des moutons lobotomisés aux postes à responsabilités. Or, ces braves gens, s’ils n’ont pas la technocratie pour leur dire que faire ou que penser, ne sont bons à rien… En plus, les électeurs eux-mêmes n’attribuent plus de sens à leur vote.


 8. Une crise de la parole

…Entre le « ras-le bol » de ceux qui n’y croient plus et se désintéressent de la vie publique, et ceux qui, pleins de colère, veulent renverser la table et se tourner vers les extrêmes, la marge de manœuvre est de plus en plus étroite pour relégitimer la parole publique…

==> Il n’y a pas un jour sans qu’une parole publique soit enfreinte. Et pourtant, les électeurs n’en tiennent pas rigueur aux politiques. Or, comme la France ne pratique pas le mandat impératif (élire quelqu’un pour une tache spécifique sur une durée déterminée), nous nous retrouvons avec des politiques qui mentent, qui ne font rien, parfois qui sont condamnés par la Justice, mais qui sont réélus sans problème… Aux citoyens de contrôler la parole publique !


 9. Pour une juste compréhension de la laïcité

…La laïcité de l’État est un cadre juridique qui doit permettre à tous, croyants de toutes religions et non-croyants, de vivre ensemble…

==> Que faire quand des personnes qui se revendiquent croyantes veulent abroger la Cité terrestre (bâtie sur l’amour de soi comme idolâtrie pour Saint Augustin) pour installer une Cité de Dieu ? Si le christianisme a renoncé à cette idée, c’est de l’intérieur par le contact des vrais gens avec la réalité. Or, je pense que l’islam y a aussi renoncé, mais que l’idée d’un monde sous charia répond à des objectifs de géopolitiques instrumentant des gens qui y ont des intérêts.


 10. Un pays en attente, riche de tant de possibles

…Les enjeux écologiques et environnementaux sont en train de transformer en profondeur nos conceptions de la vie en société, et nous tournent vers des attitudes de simplicité, de sobriété, de partage…

==> Sur le principe, c’est beau et ça dégouline de bons sentiments. Mais quand un citoyen a d’abord des problèmes d’emploi ou de logement, tout cela, il s’en fout. À qui s’adresse donc ce texte ? À ceux qui n’ont rien et à qui on dit de rester simple, comme on a longtemps fait au Moyen-Âge (si vous êtes pauvres, c’est parce que Dieu l’a voulu) ? Ou aux autres, qui ne sont pas en phase avec l’Église sur sa « politique » actuelle parce qu’elle ne les écoute pas plus ?


L’Église est dans son rôle de publier un tel texte. Mais à ne viser qu’un certain public, en en oubliant soigneusement un autre, qu’elle ne s’étonne pas de régresser. Que l’Église commence par trouver du sens à ce qu’elle fait, et alors peut-être elle pourra conseiller aux autres d’en chercher. Or, plus le temps passe, plus on s’éloigne de Vatican II, et plus les chrétiens s’enferment dans la Tradition et le Magistère plutôt que les convictions et l’Humain (le vrai).



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