Intéressante discussion avec le policier enquêteur Michel MALHERBE

Le service culturel de Savigny-sur-Orge organisait une conférence sur les crimes de la Belle époque (1880-1914) ce lundi 17 octobre 2016. Au cours de l’intervention, je me suis fait à plusieurs reprises la réflexion que la criminalité du début des années 1900 partageait de nombreux points communs avec celle d’aujourd’hui. À la fin de l’exposé, je suis donc allé poser quelques questions à Michel MALHERBE, policier enquêteur retraité.

Enquêteur de la Police judiciaire, journaliste pigiste en armement, expert agréé en armes et législation (en 1988), Michel MALHERBE a écrit plusieurs livres sur des enquêtes criminelles historiques. Bien que l’adjointe à la Culture ait essayé de m’empêcher de discuter, j’ai néanmoins réussi à soutirer trois réponses à l’auteur. (Mme Joëlle EUGÈNE était sûrement trop pressée d’aller au pot offert ensuite aux conférencier en présence de privilégiés dont je ne suis pas).


1. Le crime a une part d’origine sociale

Dans son introduction, l’auteur attribuait une partie de la criminalité des années 1880 à trois facteurs sociaux : la pauvreté de la condition ouvrière, le mal-logement et l’alcoolisme. Si on remplace ce dernier par les addictions en général et qu’on pense à la précarité toujours présente, avec des laissés pour compte toujours plus nombreux, notamment chez les personnes issues de l’immigration, on peut établir un parallèle avec nos banlieues.


2. Les lois sécuritaires n’ont servi à rien

Je demandais à l’auteur qui n’a parlé dans son exposé que des lois scélérates si les différentes lois sécuritaires votées sous la IIIe République avait permis de réduire la criminalité. Selon lui, elles ont eu des effets très limités (ceci pour ne pas écrire qu’il m’a répondu honnêtement qu’il ne pensait pas). Bref, nous pouvons continuer à promulguer des lois d’exception à caractère anti-terroriste (19 depuis 1986), pourquoi cela aurait-il plus d’effet en 2016 qu’en 1894 ?


3. La criminalité s’est réduite quand les inégalités sociales ont diminué

Même si pour l’auteur, c’est plutôt la première guerre mondiale qui a fait le ménage, et apporté une réflexion sur l’usage et les fins de la violence, il ne m’a pas contredit dans l’hypothèse que c’est l’amélioration des conditions de vie sanitaires et sociales des Années folles (avant la crise même si elle a assez peu touchée une France encore très agricole) qui est la principale raison de la diminution d’une certaine violence, tel le phénomène des Apaches (des gangs de voyous).


J’ai la faiblesse de penser que l’Histoire peut ici nous donner des leçons. La criminalité en France diminuera lorsque la Justice progressera (nominations de plus de juges, sévérité des peines, réforme de la prison, travail de la réinsertion), mais aussi et surtout quand l’aspect social sera pris en cause. Cela n’empêche pas la sécurité, mais même avec la meilleure Police du monde, il y aura toujours des criminels qui s’en prendront aux personnes. Donc mollo !



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