La crise de l’Union européenne ne doit pas faire oublier la crise des migrants

Depuis des mois, on entend dire que la crise des migrants révèle en fait une crise de l’Europe, plus exactement une crise de l’Union européenne. Donc on nous dit que parce qu’il y a eu les totalitarismes des années 1930 et qu’on les a vaincus, alors l’UE devrait être tout l’inverse. Donc qu’elle devrait accueillir tout le monde, et que si elle ne veut pas, c’est parce qu’elle ne fonctionne plus. En voilà un raisonnement qu’il est étroit !

Mais pourquoi donc y a-t-il de plus en plus de migrants, et notamment de migrants extra-européens ? Principalement à cause des guerres civiles qui contraignent de nombreuses personnes à partir (Syrie, Irak, Afghanistan, Somalie, Érythrée). Si donc nous continuons de fermer les yeux, bien souvent pour mieux vendre nos armes ou faire baisser les prix du pétrole, ne nous étonnons pas que cette immigration fasse appel d’air et s’intensifie toujours plus.


L’échec global de l’UE

Depuis 1992, une moitié d’Européens fait savoir qu’elle ne veut pas de l’UE telle qu’elle est depuis Maastricht, mais ceux-là acceptaient finalement la situation tant qu’il y avait de la croissance donc qu’ils pouvaient consommer et se rendormir. Sauf que depuis 2009, il n’y en a plus et les crispations se retournent contre l’UE qui ne tient pas ses promesses. Avec ou sans migrants, c’est d’abord la crise économique l’UE qui favorise ou renforce l’euroscepticisme.


L’échec des politiques migratoires de l’UE

Qu’elle le veuille ou non, l’UE est incapable de réguler les flux de migrants et sa solution d’acheter la paix sociale en donnant 6 milliards € à la Turquie en est la preuve. Elle réalise que les quotas de migrants fixés par la Convention de Genève ne sont pas applicables, mais surtout qu’ils sont rejetés par les populations qui subissent l’essoufflement des modèles sociaux de l’après-guerre avec l’inflation, le chômage, les dysfonctionnements des services publics…


La crise des migrants n’a pas d’autres solutions que de régler les conflits qui la génère

Parce que l’UE s’interdit l’ingérence dans les pays tiers, mais surtout parce que quand elle intervient, rarement d’une seule voix, c’est encore pire, l’Europe ne peut faire qu’accueillir. De la même manière, lorsque les guerres seront finies, elle n’aura aucun pouvoir de contraindre quiconque de retourner dans son pays d’origine. Du coup et à défaut, elle dépense pour humaniser son accueil et créé un gigantesque appel d’air pour tous ceux qui veulent mieux.


L’UE rencontre une double crise qui réveille l’euroscepticisme : de fonctionnement parce qu’elle est dépassée par les autres crises qu’elle rencontre ; et une crise structurelle parce que ces crises révèlent des failles jusque-là masquées. Maintenant, soit l’Europe se dote d’une diplomatie et d’une armée et elle redevient acteur (ce qu’elle laissait penser qu’elle était tant qu’elle intégrait de nouveaux pays), suscitant l’adhésion, soit elle reste spectateur et implosera.



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