Les enfants sont l’Église d’aujourd’hui

Savigny-sur-Orge, le 19 septembre 2016

Madame la Déléguée diocésaine pour la catéchèse de l’enfance,

Je me permets de vous écrire relativement à l’argumentaire que vous avez rédigé en vue de la quête impérée pour la catéchèse de l’enfance des 17 et 18 septembre 2016.

Je suis en désaccord avec plusieurs de vos propos et j’ai été gêné de les entendre, repris comme tels, aux différentes messes de mon secteur pastoral de Savigny-Viry pour annoncer cette quête. Car si je soutiens la catéchèse, ce n’est pas pour certaines des raisons que vous invoquez dans votre message.

Ancien catéchiste pendant 5 ans, j’ai cessé ce ministère lorsque l’évêque a promulgué les parcours « Sel de Vie » édités par la CRER, que je trouve complètement déconnectés de ce que vivent nos enfants aujourd’hui.


1. Non, les enfants ne sont pas l’Église de demain, mais bien celle d’aujourd’hui.

Car selon votre raisonnement, l’Église actuelle ne serait donc que composée d’adultes.

Irait-on alors jusqu’à dire que nos anciens composent l’Église d’hier ?

Or, ce sont justement les braillements des bébés qui, pour autant qu’ils nous dérangent, nous rappellent que nous sommes une Église vivante, qui se renouvelle sans cesse.

Je n’aime personnellement pas le mot de « demain » car il nous déresponsabilise de notre aujourd’hui.

Alors justement, notre mission d’aujourd’hui en faveur de la catéchèse ne va-t-elle pas au-delà du simple fait de donner de l’argent ?

Mais comment, autrement que par cette « occasion » de la quête ? Pas la peine de me poser la question, je me dédouane en investissant sur l’avenir.


2. Non, je ne compte pas sur les enfants pour être mes successeurs

Tout d’abord, parce que s’ils n’en ont pas envie, ils ne le seront pas.

Or, je crois que Dieu nous a créé libres et respecte nos libertés et nos choix.

Ensuite, parce que notre pratique, ou notre relation à Dieu est unique.

Alors personne ne pourra totalement nous succéder, mais plutôt s’inscrire dans l’Histoire de croyants, à la suite de la dynamique insufflée par les premiers chrétiens, et dans l’esprit de la communion des saints passés, présents et à venir.


3. Non, je ne veux rien des enfants qui ne soit pas ce que eux veulent

Toutefois, je leur souhaite vivement tout ce que vous proposez.

Je ne comprends cependant pas ce que vous voulez dire par « qu’ils se tiennent debout dans la vie en croyants« .

Est-ce à dire dans la position du Ressuscité ? Mais concrètement, derrière les mots ?


Je terminerai en affirmant que notre responsabilité de baptisés n’est pas de donner une place, qu’il ne nous appartient pas d’attribuer. Mais plutôt d’aider les enfants à occuper une juste place qui est naturellement la leur, non pas parce qu’ils sont jeunes, mais parce qu’ils ont une vocation dans l’Église au même titre que tous les autres chrétiens de tous âges.

Bien fraternellement.

Olivier VAGNEUX

olivier@vagneux.fr

06-51-82-18-70

P.-S. : Je crois enfin que même si les enfants ne rencontraient pas Dieu, ils resteraient dans son Amour. N’est-ce pas là notre espérance du moment que de notre place, nous favorisons la rencontre ?



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