Pourquoi il faut continuer de lutter pour abroger la loi du mariage pour tous

Formidable ! À trois jours des universités d’été de La Manif pour tous (auxquelles je ne participerai pas), l’association des familles homoparentales a commandé un sondage qui dit que 65% des Français sont favorables au mariage pour tous, et que 59 % sont même favorables à autoriser les femmes homosexuelles à recourir à la PMA. Le message est donc clair : les fachos de LMPT, rentrez chez vous parce que vous êtes minoritaire.

Et pourtant, moi Olivier VAGNEUX, je suis prêt à courir le risque d’avoir encore moins de voix aux législatives en affirmant qu’il faut abroger la loi Taubira. Non pas pour désunir d’un point de vue juridique et fiscal les personnes homosexuelles, mais parce que le mot de « mariage » place à égalité dans l’adoption les couples hétérosexuels et les mariés homosexuels, selon les termes des conventions internationales* que la France a signé et ratifié, créant une injustice.

* La convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant de 1989 et de la Convention de La Haye de 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale (CLH).


Pourquoi prioriser les adoptions par les mariés hétérosexuels ?

La nature fait qu’il faut un homme et une femme pour faire des enfants. Donc que deux personnes de même sexe ne peuvent naturellement pas avoir d’enfants. Que deux personnes homosexuelles veuillent un enfant est donc un caprice civilisationnel qui relève de plusieurs éléments psychologiques (la volonté de normalisation, le désir de reproduction, le souhait de laisser un héritage donc de continuer à vivre par ses enfants au delà de sa propre mort…)

En face, il y a des personnes hétérosexuelles, en couple et/ou marié, qui veulent avoir des enfants, comme la biologie devrait leur permettre, mais qui ne peuvent pas, et qui se tournent vers l’adoption. Ces personnes étaient 19 000 en 2014 (source CAF) ; peut-être un peu moins si effectivement parmi elles il y avait quelques personnes homosexuelles. Dans tous les cas, il y avait en 2014, 1069 enfants adoptables à l’international et environ 1200 au national soit 2300.

Si 2300 enfants sont adoptables chaque année, tandis que 19 000 parents sont en attente et que les départements agréent 6000 nouvelles personnes tous les ans (source Gouvernement + ONED) , cela représente 12 % de demandes satisfaites pour des couples hétérosexuels, donc 88 % de malheureux. Pourquoi rajouter injustement des candidats homosexuels en mal d’enfants par rapport à des couples hétérosexuels qui ne peuvent pas en avoir biologiquement ?


Sur la « solution » de la PMA pour les personnes homosexuelles

Alors on ne peut pas adopter parce qu’il n’y a pas assez d’enfants adoptables « sur le marché » (c’est un business) donc on va les fabriquer en partie, à défaut de les faire faire. Tandis que le Gouvernement (de gauche) avait fait voter en 2013 une circulaire punissant de cinq ans de prison les gynécologues qui orienteraient les femmes à l’étranger pour recourir à des PMA, la circulaire a été abrogée début juillet 2016. Fin de mandat, élections, vous me suivez ?

Bref, on se dirige doucement mais sûrement vers la légalisation de la PMA pour les personnes homosexuelles en France, dont le mariage pour tous, n’aurait dû être qu’un premier élément du pack. Sauf que dans tous les cas, il faut une gamète d’une personne d’un autre sexe, parce que la seule stimulation électrique de l’ovule ne fonctionne pas (oui, on a essayé). Mais là, on ne veut pas la gamète du premier venu, donc soit on trouve un pote soit on choisit sur catalogue.

Pour les hommes, il y a le problème du ventre, donc de la mère porteuse car non, nous ne sommes pas encore dans le Meilleur des mondes d’Aldous HUXLEY dans lequel les enfants sont conçus ex vitro, embryons qu’on noie dans plus ou moins d’alcool pour le rendre plus ou moins débiles. Mais plus de problème, les enfants d’un parent français nés à l’étranger (contre de l’argent ; on n’a rien sans rien) sont directement inscrits à l’état civil. Ce n’est pas super légal…


Sur l’évolution des mœurs

Au cours de ce mandat présidentiel, la croisade sociétale aura bien avancé. Gageons qu’elle ne sera pas remise en cause par la droite, qui sur ses questions est de gauche, pour ne pas être ringarde : libéralisation de la recherche sur l’embryon, les réformes de l’avortement pour supprimer la notion de détresse et allonger le délai de réflexion, tout en remboursant intégralement les IVG. Le « mariage pour tous » a été un bon contre-feu pour avancer ses pions.

Avec tout cela, vous reprendrez bien un peu de débat sur la légalisation du cannabis et la fin de vie. Sur cette question, on retrouve notamment le paradoxe d’un état contre la peine de mort (ne pas tuer les gentils terroristes) mais pour l’avortement, ce n’est pas vraiment tuer un être humain. Par contre, la Justice de certains pays n’hésite pas à qualifier de « double-meurtre » l’assassinat d’une femme enceinte. Voilà des sujets à nous arracher les cheveux.

Brave gauche qui crée de nouvelles situations d’injustice en voulant les résoudre. Bien sûr que chaque situation est différente et mon objet n’est pas de créer une échelle des douleurs entre les différentes questions énoncées. Mais à chaque recul, les bouleversements de société tendant vers plus d’égoïsme et d’indifférence progressent, petit à petit accepté par la population, et puis un jour, on ne comprend pas que X sans repère ait pu devenir un terroriste.



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Une réflexion au sujet de « Pourquoi il faut continuer de lutter pour abroger la loi du mariage pour tous »

  1. Jean-Marie CORBIN

    Ce qui est stupéfiant ce sont les dérives radicales que l’on constater chez certains homosexuels. Ce fut le cas d’une de mes amies, qui fit son « coming-out » en 1996 et a fini par se radicaliser au fil des années. Dans la pratique, cela se passe par la mise à l’écart des amis hétéros de son entourage et par le dénigrement de l’hétérosexualité notamment sur les réseaux sociaux. Ainsi, les homosexuels doivent accéder à la GPA et à la PMA au titre qu’il existe de mauvais parents hétérosexuels. Je lui ai fait remarquer que son raisonnement était fallacieux. La sanction est vite tombée, j’étais homophobe et m’a banni de ses amis Facebook. Fin de l’histoire !

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