Sur le prétendu courage des terroristes

Ce mercredi 07 septembre 2016, Jean-Marc ROUILLAN, ancien membre d’Action directe, comparaissait pour avoir qualifié les terroristes des attentats du 13 novembre de « très courageux« . Condamné à huit mois de prison pour une opinion, toutefois moralement et judiciairement répréhensible, on peut déjà se demander pourquoi cette personne reconnue coupable de deux assassinats et condamnée à perpétuité, avait été libérée.

Mais derrière ce jugement, relativement sévère à côté des banales histoires de viol collectifs qui coûtent seulement six mois de sursis à leurs auteurs, plusieurs questions s’imposent à nous. Je suis le premier à être dérangé par le fait qu’on puisse être condamné pour une opinion, et en même temps, derrière ce dérangement, il y a une vérité qui ne me plait pas de reconnaître : oui, je manque de courage car je ne suis pas prêt à mourir, même drogué, pour mes idées.


Sur le courage des amphétamines

Moi aussi, si je prenais du Captagon ou n’importe laquelle autre des saloperies que l’on file à ceux qui vont trouver un sens à leur vie, par le sens de leur mort, je serai encore plus libéré que je ne le suis déjà ; ce serait « Le Savinien défoncé« . Mais voilà, il est de toute façon faux de parler de courage quand vous n’êtes pas maître de vos émotions ou de vos actions. C’est la même situation que celle des Hassassin pleins de haschich, ou des Tokkōtai pleins de saké.


Du courage dans la guerre

Seulement voilà, sommes-nous en guerre contre le terrorisme ? Car des actions militaires suicide, lorsqu’elles sont la seule arme des belligérants, et qu’elles ne visent pas des civils, sont courageuses (de mon point de vue). Or, parce que nos gouvernants font des terroristes de Daech des soldats qu’ils ne sont pas, alors le jugement de l’action militaire de terroristes militaires ne saurait obéir aux mêmes règles critiques que les actions des terroristes civils.


Sur notre propre courage

Derrière l’éloge des terroristes, il y a un fait : des gens sont prêts à mourir pour des idées de haine. Mais en face ? Quel est notre part de courage, à nous qui disons défendre le bien et la démocratie ? Moi le premier, je n’ai pas envie d’aller me battre au Levant pour aller éradiquer l’État islamique, tandis que de l’autre côté, il y a des gens qui sont prêts à me tuer pour ce que je suis. Si demain, JE meurs tué par des terroristes, ce sera aussi ma faute (j’écris cela pour moi).


Cette condamnation m’interroge donc sur la logique des peines françaises, hors cas particulier du bonhomme récidiviste de propos choquants, et hystérie de l’état d’urgence permanent. Mais plus que cela sur mon courage personnel qui est évidemment plus fort bien caché derrière mon clavier d’ordinateur. Je terminerai donc en m’interrogeant sur la nature de cette force, qui avant toute drogue, pousse quelqu’un à quitter son petit confort pour partir en Orient…



Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s