Les trois raisons des succès électoraux de l’AfD en Allemagne

À en croire les bienpensants du médiatiquement correct, l’Allemagne va en revenir au nazisme en permettant, très probablement, l’élection de quelques députés AfD (Alternative für Deutschland) au Parlement allemand. Pourtant, ce parti populiste de droite, à l’origine formé de contribuables révoltés, écarte pour ne pas dire écrase les vrais partis d’extrême-droite allemands : le NPD (ultranationaliste) et PEGIDA.

Depuis 2010, l’Europe connaît une vague populiste, à la fois très similaire et en même très différente, de celle des années 1930. Cela a commencé en Europe de l’Est, mais les commentateurs occidentaux l’a jugée avec dédain. Puis cela s’est répandu en Europe de l’Ouest avec d’abord un renforcement de l’extrême-gauche (Syriza, Podemos, Mouvement 5 étoiles…) qui s’est ensuite délitée à cause de ses échecs, pour finalement renforcer l’extrême-droite.


1. La crise européenne, révélée au travers du prisme de la crise des migrants

L’Europe n’a jamais fait l’unanimité, mais elle ne dérangeait pas tant qu’elle n’avait pas de conséquences visibles sur les personnes. Avec les migrations, et là aussi, ce sont les régions dans lesquelles il y a le moins de migrants, qui s’en méfient le plus, les autochtones ont peur de devoir partager, et de perdre en qualité de services. À partir de là, et malgré les excuses de Mme MERKEL, un certain nombre d’Allemands disent STOP à cette politique et à cette Europe.


2. La recherche de l’alternative politique

En Allemagne, la droite gouverne avec la gauche. Critiquer la politique du Gouvernement revient donc à critiquer la politique des modérés, donc à se tourner, par choix ou par défaut, vers les extrêmes. Mais parmi les principaux candidats, les seuls n’ayant jamais gouvernés sont ceux de l’AfD (parti créé en 2013). Donc fatalement, si les Allemands veulent se donner une chance de gouverner avec des politiques neufs, ils se tournent vers ce parti, pour l’instant.


3. L’usure du pouvoir

Même si les résultats économiques allemands sont exceptionnellement bons, Angela MERKEL est élue depuis 2006 et tôt ou tard, les peuples ont envie de changer les têtes, surtout quand ils ne se reconnaissent plus au travers de celles en place. La CDU de Mme MERKEL résiste bien (3,6 points) et d’ailleurs mieux que la gauche (le SPD perdent 5,3 points et les communistes 5,4). Ce résultat est aussi la traduction d’une envie de changement, mais pas dans le sens actuel.


La situation électorale que connaît l’Allemagne est exactement la même que connaissent globalement les démocraties. Comme le FN en France, l’AfD va encore monter pendant quelques années, puis perdre ses soutiens historiques (comme les contribuables en colère qui commencent déjà à repartir) quand le discours politique aura atteint ses limites, et que les électeurs ne croiront plus aux promesses populistes. Je ne suis personnellement pas inquiet.



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