Sur la difficulté du PS de trouver des candidats valables aux présidentielles

Martine AUBRY l’a encore confirmée récemment, elle ne sera pas candidate à la primaire de la gauche de 2016. À partir de là, rien ni personne au PS ne devrait pouvoir freiner la candidature de François HOLLANDE qui ne trouvera personne face à lui sur le créneau qu’il occupe, mais plutôt au moins trois voire quatre candidats situés plus à gauche que lui (Marie-Noëlle LIENEMANN, Gérard FILOCHE, Benoît HAMON et Arnaud MONTEBOURG).

Alors comment se fait-il que le PS qui fut à plusieurs reprises le premier parti de France, qui en 2012 était majoritaire dans la majorité des instances électives républicaines, n’est pas en mesure de proposer mieux que le spectateur HOLLANDE ? Lui qui dans un livre à paraître résume son bilan de quatre ans par seulement quatre actions, mais quelles actions : la guerre au Mali, le mariage pour tous, la gestion des attentats en France et la loi Macron…


Le PS, une machine mitterrandienne

Le PS a vécu : entre 1974 quand la création de 1971 permet à MITTERRAND d’arriver au second tour de la présidentielle et de perdre sur le score très honorable de 49,8 %, et 1990 qui est le Congrès de Rennes au cours duquel le PS se déchire lamentablement. Il a réussi à faire élire MITTERRAND deux fois, malgré les trahisons intellectuelles et morales du personnage, puis n’a survécu que par son rôle de principale force d’opposition, bénéficiant du rejet de la droite.


HOLLANDE, une erreur de casting, un choix par défaut

A-t-il besoin de rappeler que HOLLANDE n’a pas gagné avec ses 60 propositions dont seuls les militants PS connaissent une poignée (MITTERRAND en avait 110) ? C’est bel et bien SARKOZY qui a perdu en ayant, comme chaque fois que la droite est défaite, soit perdu le soutien du centre soit celui de l’extrême-droite (en l’occurrence, des deux en 2012). Mais même dans les candidats de la primaire socialiste de 2011, aucun n’avait de stature d’homme d’État…


La gauche n’a pas de leader naturel

À droite, c’est une constante (CHIRAC, SARKOZY). À gauche, il n’y en a plus depuis MITTERRAND qui avait lui-même créé le PS comme marche-pied, prenant soin d’éliminer tous ses grands concurrents (ROCARD, DELORS, CHEVÈNEMENT) qui auraient pu former les futurs responsables. Finalement, la seule crédibilité des FABIUS, HOLLANDE et bientôt VALLS sont le temps qu’ils sont restés à leurs postes au sein du parti, en ayant réussi à survivre aux divisions.


La Ve République n’est pas faite pour la gauche

À la tête de la République gaullienne, il faut un roi, un monarque républicain. Bref, tout ce que déteste en principe la gauche, mais dont elle se satisfait très bien lorsqu’elle est élue. Par son histoire et son idéologie, la gauche a toujours vanté un modèle collectif. Toutefois, ce modèle est aussi celui qui dissimule les incapacités partagées et étouffe les réussites personnelles. De fait, le PS, par son fonctionnement, s’empêche de se donner des statures présidentiables.


D’échecs en échecs, l’Histoire se répète

En 1969, la SFIO représentée par Gaston DEFFERRE, en « ticket » avec Pierre MENDÈS-FRANCE s’humiliait avec 5,01 %. Pour oublier ce naufrage, MITTERRAND créa le PS qui lui permit d’abord d’écraser ROCARD puis de prendre la place. Mais en 1995, personne, c’est même Henri EMMANUELLI qui aurait dû être candidat, si JOSPIN ne s’était pas sacrifié pour se prendre une double tôle (1995 et 2002). Enfin, en 2007, le contexte pour ROYAL n’était pas favorable.


En 2016, le contexte d’uberisation de la vie politique ne permet plus aux politiques de construire leur stature. Ce ne peut donc être que des personnes de réseaux, savant jouer avec les médias, qui seront candidats présidentiables. Mais vu les flops électoraux récents du PS, et les dissensions avec l’affirmation d’une gauche sociale-libérale, il est probable que le PS se réforme prochainement et évolue en mouvement uniquement social-démocrate, mais pour porter qui ?



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2 réflexions au sujet de « Sur la difficulté du PS de trouver des candidats valables aux présidentielles »

  1. Jean-Marie CORBIN

    Désolé Olivier, mais je ne comprends pas le sens de ta phrase : « En 2016, le contexte d’/uberisation/ de la vie politique … » J’ai entendu parler des chauffeurs de VTC en partenariat avec la société américaine Uber qui assure la mise en relation avec les clients potentiels. Mais en politique de quoi s’agit-il ?

    Répondre
    1. Vagneux Olivier Auteur de l’article

      J’emploie ce terme dans un contexte d’accélération sinon de quasi-instantanéité de la vie politique qui se fait au moyen du numérique, et en lien avec cette forme d’innovation permanente qui bouscule (TRUMP, MACRON…) Je veux dire par là qu’on ne laisse plus le temps aux politiques de mener leurs réformes qu’on veut déjà en voir les effets et que finalement, on choisit un politique pour qu’il promet et non pas sur son bilan. Avec JUPPÉ, oublié ses 40 ans de vie politique, c’est comment va-t-il redresser la France.

      Répondre

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