La génération Pokémon à l’épreuve du temps (bientôt 20 ans)

Finale de l’Euro 2016. Didier DESCHAMPS est en train de briefer ses joueurs. Un Férosinge sauvage apparaît dans le salon. Pokémon Go ! Force est de constater, à l’occasion de la sortie du nouveau jeu de Nintendo, l’engouement toujours passionnel de ceux qui ont grandi avec les pokémons. Une véritable génération qui sait se retrouver autour de codes échappant à la compréhension de tout autre mortel ayant ignoré la pokémania.

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Ils ont ruiné leurs parents en achats de cartes à jouer, jeux vidéos, films, livres, peluches, produits dérivés estampillés de la célèbre marque japonaise. Malgré l’âge, la flamme est toujours là, rappelant cette jeunesse passée, heureuse et insouciante. Il faut bien reconnaître l’excellence et l’omniprésence de la publicité de Nintendo pour les pokémons entre 1999 et 2002 : plus de 250 millions de jeux vendus dans le monde, des milliards de dollars de recettes.

Étrange pourtant qu’un jeu vidéo ait suscité l’adhésion d’autant de parents, à tel point que les religions s’étaient aussi prononcées sur le jeu à l’instar du Vatican, favorable à ce jeu stimulant « l’imagination des enfants, « sans effets secondaires indésirables sur leur moralité » tout en étant basé sur « des liens amicaux intenses ». » En réalité, deux causes : un moyen d’exprimer sainement une violence intérieure et des pokémons qui ne meurent jamais mais sont au pire KO.

Malgré le succès de la série animée, objet de nombre de conversations d’écoliers et des théories et analyses psychanalytiques des plus diverses et controversées, et les centaines voire les milliers d’heures de jeu consacrés aux pokémons, impossible de mettre un nom sur le créateur de ces Pocket Monsters (Satoshi TAJIRI). Les pokémons se suffisent à eux-mêmes et leur séduction est d’autant plus grande qu’il ne semble y avoir personne les manipulant.

Les Pokéfans ont entre 15 et 35 ans. La majorité a grandi dans les années 1990 et avait l’âge de s’identifier au jeune Sacha Ketchum parcourant le pays imaginaire de Kanto (basé sur la cartographie d’une vraie région japonaise), sinon au héros du jeu vidéo. Quel écolier n’a jamais rêvé de pouvoir vivre comme dans le dessin animé ? Tout quitter à dix ans pour pouvoir devenir champion du monde et s’attirer l’admiration et le respect de toutes les générations ?

Les plus âgés ont toujours pris Pokémon avec un certain sens du réel, voyant le jeu vidéo comme un excellent RPG (Rôle Player game), donc un jeu de rôle novateur en 1999. Les plus jeunes ont vécu dans cette espérance de voir leurs pokémons sortir de leurs Game Boy (ou DS) et venir vivre avec eux, comme des amis indéfectibles, mais sur lesquels ils avaient quand même le contrôle (si tu m’embêtes, je te range dans ta pokéball). Puis ils ont ensuite grandi.

Il y a un âge qui est celui de l’entrée en 6e-5e où l’attrait pour les pokémons s’essouffle et où le joueur finit par trouver que c’est un jeu de petits, dont il aurait honte de parler à ses amis. Fait de la puberté ou développement de la sociabilité, jouer à Pokémon redevient tendance à partir de la Terminale sinon après le bac. Mais en secret, les vrais fans continuent d’acheter les jeux, même si paradoxalement, ils n’y jouent plus autant qu’ils ont pu le faire au tout début.

On mesure à la dernière génération de pokémons connue l’âge des joueurs. Aujourd’hui, les versions sont tellement complexes et les pokémons si nombreux que les non fanatiques absolus ne savent plus combien il y en a, voire peuvent faire l’injure de la réflexion qu’un tel ressemble à tel autre. Mais dans le fond, qu’importe, c’est à chaque fois la même recette gagnante : un pokémon de base et un monde d’aventures à découvrir pour remplir le Pokédex.

Près de 20 ans après son lancement, Pokémon subsiste et fait encore recette, même sans conquérir de nouvelles générations. Car d’une part, l’attrait fonctionne auprès de tous ceux à qui cela rappelle leur enfance. D’autre part le système de jeu est une machine de guerre signé Nintendo qui, comme elle l’avait déjà fait notamment avec Mario, écrase tout sur son passage, à l’image de ces pauvres Digimon de la société Bandaï, et attire encore des années après.



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