Des drogues et du foot, les nouveaux pain et jeux de 2016

Même moi qui ne connais pas la moitié des règles au foot m’étais risqué à établir un pronostic pour cet euro ; le foot ne laisse en effet personne indifférent. À tel point que pendant que nous nous acharnons à vanter ou à critiquer le jeu de balle au pied, le monde s’arrête autour de nous, les millions de chômeurs et de mal-logés disparaissent, la loi Travail est adoptée sans vote… Mais pourquoi cet engouement autour du football ?

D’autant que le seul intérêt de cet euro, dans un monde footballistique corrompu où les agents préservent leurs champions pour les compétitions en club au détriment des équipes nationales, était bien de voir comment les joueurs non-professionnels, de l’Islande notamment, exerçant une profession à côté, arrivaient à éliminer des sales gosses trop payés pour passer leur jeunesse à courir derrière des ballons, tout en insultant trop souvent journalistes et public.

Mais ce même auditoire en redemande, et il est prêt à claquer des centaines d’euros pour pouvoir vivre quelques instants de cela. À chaque fois, les divers commentateurs se plantent magistralement car le foot n’est pas une science exacte. Ils prennent aussi prétexte de tel non-évènement pour faire de la géopolitique ou de la sociologie expliquant le sens politique et caché de telle défaite ou la victoire par le multiculturalisme cosmopolite de l’équipe.

Bien sûr, tout le microcosme du foot professionnel n’est pas comme cela. Non, simplement une majorité visible mise en lumière par les affaires financières de PLATINI/BLATTER, les sextapes de VALBUENA que BENZEMA fait chanter quand il n’accuse pas le sélectionneur de racisme ;  la fraude fiscale de MESSI, les insultes de Zlatan qui recommence à cracher sur la France… Et au milieu de tout cela, les personnalités politiques viennent chercher leur popularité dans le foot…

À tout niveau, le foot est effectivement une bonne excuse pour fuir la réalité. Une de ces addictions avec l’alcool, les composés chimiques, la télévision, que les Français affectionnent tant pour se vider la tête d’un monde qu’ils ne veulent pas affronter. Oubliées toutes les crises : économique, du logement, de l’emploi, écologique et environnementale, sanitaire, européenne, démocratique, éducative, financière, de la Justice, sociale et sociétale, des transports…

D’un coup, les drapeaux aux fenêtres fleurissent ; les Français se mettent à aimer leur équipe nationale en laquelle ils ne croyaient pas. Il faut dire que le système du meilleur troisième a bien servi les intérêts des Français. On rêve de refaire 1998 pour croire de nouveau à une France « black blanc beur » qui ne connaîtrait pas la division, et cela pourrait fonctionner, comme lorsque les Français font semblant d’ignorer les problèmes pour signifier qu’ils n’existent pas.

Quel que soit le résultat de la finale, le foot va permettre une union nationale où exceptionnellement tous les milieux sociaux vont se côtoyer au stade de France. Mais une union temporaire, une union de façade aussi car le foot divise comme seront divisés les Français d’origine portugaise pour la finale. L’Euro 2016 n’est pas un bel Euro d’une part parce que les équipes jouent mal ; d’autre part, parce que les lendemains seront encore plus durs…

Alors faudrait-il un Euro permanent pour que les gens soient captés par autre chose ? Faut-il droguer la société comme dans les bons romans d’anticipation pour qu’elle accepte son sort ? Le vrai problème n’est pas le sport, plutôt que les personnes s’abandonnent totalement à une cause qui tend au mysticisme voire à la religion, en acceptant alors d’oublier leur environnement. Le pire étant surement que cette engouement est conscient et volontaire.

Le Tour de France ou les Jeux Olympiques n’auront pas le même effet : là, réellement, la France s’est endormie pendant un mois et son réveil sera dur. Parce que même en cas de victoire, personne ne sera dupe de la situation dans laquelle sont les Français, où si les chiffres s’améliorent, ce n’est pas la réalité de la situation des vrais gens. Une France où les inégalités continuent de se creuser comme le fossé entre le salaire du smicard et du meilleur footballeur.



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