Quand un accompagnement catéchuménal se termine

Un souvenir du jour de l’entrée en Église le 1er février 2015


Moment de nostalgie ce 1er juillet 2016 pour ma dernière rencontre de catéchuménat (accompagnement d’adultes qui se préparent à recevoir les sacrements chrétiens) avec Moises et Domingos. Nous avions commencé à trois en septembre 2014, mais assez vite, Carlos a arrêté. Puis pendant deux ans, ce qui est énorme en temps (1/12e de ma vie) et en même temps si peu, nous avons cheminé tout doucement vers le baptême.

Aujourd’hui, je peux dire que cet accompagnement m’a apporté, ne serait-ce qu’au niveau de ma foi. Mais quelle difficulté de dire précisément ce que cela m’a donné, tout comme ce que cela continuera à semer et que je ne découvrirai que dans quelques années. Je voudrais donc revenir sur ces deux ans et relire l’expérience qu’a été cet accompagnement catéchuménal, très différent de celui avec mon premier catéchumène, avec d’autres joies et d’autres difficultés.


Le temps de la démarche

Je me rappelle me demander en septembre 2014 par quoi commencer, question que se pose tant d’accompagnateurs et qui en dissuade certains de s’engager. Je pensais que les deux ans seraient une éternité, alors que je ne les ai pas vus défiler. Il aura cependant fallu environ un an pour que mes catéchumènes s’essaient à mettre des mots sur ce qu’ils vivent, et à vraiment en parler, jusqu’à ce que je n’ai plus à leur poser de questions pour qu’ils prennent la parole.


Le temps des dossiers

Finalement, c’est au moment où le lien de confiance est réellement tissé avec les catéchumènes qu’intervient la partie la plus administrative mais également la plus sincère de la démarche dans la rédaction du dossier de présentation à l’évêque. Le moment où les catéchumènes expriment officiellement les raisons qui les incitent à demander le baptême, et font le bilan de leurs premières découvertes. Et l’accompagnateur de voir les premiers fruits pousser.


Le temps des sacrements

Il y a d’abord les scrutins que sont ces trois dimanches au cours desquels les catéchumènes sont au centre de l’attention par leurs réponses. Les accompagnateurs voudraient qu’ils parlent plus et s’enorgueillissent de certaines des réponses données par eux. Et puis il y a les sacrement où l’on rencontre les familles, voire on est invité chez les catéchumènes pour le repas et la fête qui suit, et là, on touche réellement quelque chose de l’intimité de leur vie.


La barrière de la langue

Formidable défi que de parler de religion et de foi dans une langue qui n’est pas la sienne, et pourtant le partage se fait. Mes catéchumènes étaient essentiellement lusophones (parlaient portugais), ce qui m’a forcé à n’utiliser que des mots simples en français, ce qui prouve aussi que la religion ne s’arrête pas à des complexes fumeux.. C’est malgré tout dans ces cas là qu’on est heureux de l’existence d’internet, de Google traduction à la Bible en portugais.


Du respect avant toute chose

Je pense qu’il ne faut pas nous projeter sur nos catéchumènes et toujours garder en tête leur liberté. Combien de fois ai-je vu que je les ennuyais ou qu’ils avaient décroché sur certaines séances, également parce que nos vies nous occupent à côté. Nous n’en faisons pas des clones, et leurs pratiques seront différentes des nôtres. Pourvu qu’elles les mènent dans la direction de Dieu, là est l’important, et leurs manières de faire nous interpellent alors sur les nôtres.


Et la suite ? Une bonne route pour eux.

Bien sûr, c’est une victoire si les baptisés continuent de fréquenter l’Église voire s’y engagent, mais cela n’arrive pas si souvent. Comme en catéchèse des enfants, je pense que l’important est que les personnes n’aient pas eu l’impression d’être contraintes et d’avoir perdu leur temps, et puis ensuite c’est leur liberté. Mais déjà lorsque après la réception des sacrements, les baptisés parlent de leur joie, alors nous n’avons pas perdu notre temps à semer.


Une nouvelle demande est arrivée et je suis reparti pour au moins un an d’accompagnement vers la confirmation. Le grand avantage du catéchuménat sur la catéchèse des enfants (j’en ai fait 4 ans) est que l’on s’adapte à la démarche du catéchumène, et ce n’est donc pas scolaire car on réfléchit en fonction des questions de la personne. Personnellement, c’est une respiration dans ma vie, et je continuerai aussi longtemps que possible tant chaque situation est différente.



Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s