Excédent 2015 à Savigny-sur-Orge : nos questions à Yann-Florent FOUGÈRES, du cabinet KLOPFER

Ce lundi 27 juin 2016, nous avons appelé Yann-Florent FOUGÈRES du cabinet d’audit Michel-Klopfer, qui suit le dossier des finances saviniennes. Nous voulions comprendre avec lui les 3,538 millions € d’excédent du compte administratif 2015. De suite, il nous a invité à nous méfier de ce résultat faussé par l’emprunt « superflu » en décembre 2015 de 1,5 million € pour renégocier un des trois emprunts toxiques de la Ville.

À titre personnel, je ne suis pas tout à fait d’accord avec M. FOUGÈRES quant à la normalité de cet excédent de 2 millions €. Maintenant, il serait peut être temps que nous nous battions pour obtenir les aides, à hauteur de plusieurs millions d’euros, qui nous échappent, et que nous développions des « investissements d’avenir », plutôt que de s’occuper improductivement avec cet excédent temporaire de l’entretien des bâtiments municipaux, délaissés depuis 30 ans…

Nous pourrions par un jeu de mutualisations intelligentes générer des économies avec l’intercommunalité, et ainsi ne pas devoir augmenter les impôts. Ou encore rouvrir certains des services qui ont été injustement fermés l’année dernière… Toujours est-il que Éric MEHLHORN ne fait rien pour ré-augmenter ce flux financier qui s’affaiblit d’année en année, et qui est temporairement faussé cette année au moyen de l’excédent dont toute l’origine n’est pas faite.



Le Savinien libéré : Comment comprendre cet excédent de 3,5 millions € ?

Yann-Florent FOUGÈRES : Cet excédent en fin de compte administratif se compose de « trésorerie structurée » qui résulte pour partie d’un emprunt, contracté pour sortir notamment d’un des produits structurés [NDLR : emprunts toxiques], donc forcément qui était supérieur aux besoins.

La Ville aurait pu piloter cette sortie de structuré sans emprunter du tout.

Mais attention à ne pas se méprendre sur ce que veut dire un excédent : c’est un stock à un moment donné, au 31 décembre, qui va s’épuiser. Et pour maintenir ce stock dans le futur, cela voudrait dire que la Ville serait obligée d’emprunter des montants faramineux, ce que les banques ne suivront pas. Donc en réalité, ce stock est purement ponctuel.

Or, votre solvabilité se regarde à partir des flux de revenus récurrents, et ce stock va s’épuiser donc il ne faut pas se méprendre sur ce stock à un moment donné, au 31 décembre 2015. Il est résiduel et il résulte notamment d’un emprunt qui a été contracté en superflu ce qui vient gonfler la trésorerie. C’est de la méthodologie.


Pouvait-on ne pas fermer certains services publics en 2015 ou ne pas augmenter les impôts en 2016 ?

Il serait grave que vous attendiez qu’il n’y ait plus de trésorerie pour décider de mesures. Les règles budgétaires et les banques vous obligent à dégager des ressources suffisantes pour couvrir votre dette ; normalement, hors-stock de trésorerie, juste avec les flux de l’année. Or, ce simple critère là n’était déjà pas respecté en 2016, même sans les mesures qui ont été prises.

Il y a une tolérance dans la Loi qui dit qu’on peut s’aider du matelas de l’année N-1 pour équilibrer son budget. Cela veut dire que vous utilisez votre emprunt de l’année d’avant pour reporter l’excédent pour équilibrer vos flux à rembourser l’année d’après. Mais vis-à-vis des banques, cela passe très mal.

Donc techniquement, il y a un excédent, mais il n’est pas le fruit d’une bonne santé récurrente de la Ville.


Pourquoi constituer un fonds de roulement aussi important ?

Cette somme est une précaution nécessaire pour les banques qui l’imposent. Les banques aiment bien que la collectivité ait en caisse structurellement à peu près un mois, ou un mois et demi de dégagement.

Il faut donc voir la proportion : vous avez un excédent de 2 millions soit un peu moins d’un mois de fonctionnement. Les autres années, on était plutôt autour de 500 000 € ce qui était le minimum. Il faut bien faire la différence entre un stock et un flux.

Si vous aviez trois à quatre mois de fonctionnement, même si c’était ponctuel, là, il faudrait se pencher dessus. Mais si on enlève l’emprunt un peu superflu lié au structuré, effectivement, on n’est à même pas un mois de trésorerie structurelle, donc ce n’est pas choquant.


Peut-on comparer la situation de Savigny à celle du Conseil départemental de l’Essonne ?

Non. Au Conseil départemental de l’Essonne, le fonds de roulement était positif, mais lorsque vous rattachiez toutes les choses qui ne l’était pas, en réalité, ce fonds de roulement était négatif. Ce n’est pas le cas à Savigny.


Connaissiez-vous le montant de cet excédent que les Saviniens ont découvert jeudi dernier ?

Je savais qu’il y avait un excédent mais je n’en connaissais pas le montant car on ne m’a pas communiqué le compte administratif définitif.

J’avais essentiellement travaillé sur le budget primitif 2016. Or, normalement, on devrait être en mesure d’équilibrer avec ce qu’il y a dans ce BP 2016 sans les excédents du CA 2015.

Toutes les collectivités de la taille de Savigny ont en général des excédents. Je savais qu’il y avait cet emprunt donc qu’il y aurait un excédent plus important que les autres années mais je ne savais pas exactement de combien.



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