Scandale démocratique : quand les collectivités constituent des cagnottes

Dans une République idéale, l’utilisation de chaque euro d’argent public devrait pouvoir être suivi en toute transparence. Hélas, la réalité est toute autre, et devient réellement scandaleuse lorsque des collectivités arrêtent des services, ou augmentent les prélèvements des impôts, sans réels besoins. Or, depuis deux ans, la majorité des collectivités se mettent à constituer des réserves, aussi appelées « cagnottes ».

Aux associations, on interdit de conserver l’argent (de thésauriser, pour employer un certain vocabulaire). Aux particuliers, on n’arrête pas de leur conseiller de consommer pour faire fonctionner l’économie. Il faut reconnaître que les taux d’épargne sont si bas. Alors pourquoi encourage-t-on les collectivités à faire des réserves, « pour les jours difficiles« , « en bons pères de famille » ou « en prévision des imprévus » ? Les politiques n’ont plus de scrupules à prélever.


La nécessite du contrôle citoyen

La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 précise que les contribuables (ceux qui contribuent à l’impôt) ont le droit d’en vérifier l’usage. Folie législative, ils pourraient même consentir l’impôt. Ce concept s’inscrit dans la lignée des théories philosophiques de HOBBES et de LOCKE sur l’État : si tu veux vivre sous SA protection, tu payes pour TA protection. Sauf que de nos jours, les gens paient par principe ou par peur, et ne s’interrogent plus sur l’usage.


Le bon prétexte de la baisse des dotations

Comme l’État donne moins, alors les collectivités ont besoin de trouver d’autres fonds sinon de réaliser des économies. En 2015, de nombreuses collectivités (communes, intercommunalités et départements) ont ainsi procédé à des fermetures de services publics déficitaires. Mais comme cela ne suffisait pas, elles en ont profité pour augmenter les impôts, et très largement. Or, si nous faisons les calculs, ces collectivités se retrouvent avec un gros pactole !


Préparer les élections et les réélections

On nous invente alors des projets, que personne ne sait financer ou dont on ne connaît pas les détails (payons-nous une étude pour les déterminer). Des projets, qui comme par hasard, vont être financés en 2017, année présidentielle et législative au cours de laquelle il n’y aura pas de coupes ou de nouvelles augmentations. Et comme par hasard, ces projets aboutiront en 2019 et 2020, juste avant les prochaines élections ! Mais après, est-ce que les impôts diminueront ?


Au niveau de la Ville de Savigny-sur-Orge, ou du Département de l’Essonne, la traçabilité financière est dure. Elle n’en serait que plus facile si les citoyens contribuables étaient plus vigilants. Refusons le système des cagnottes et dénonçons-le. Nos élus ne doivent pouvoir nous prélever temporairement (il faut agir en amont soit avant les votes des budgets) que pour des projets définis, que nous avons voulu et auxquels nous avons participé à l’élaboration !



Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s