Quand je me sens très seul dans l’Église catholique

Une fois n’est pas coutume, commençons par la conclusion : je suis asocial (parce que je refuse de m’écraser quand je défends un autre point de vue. Est-ce une composante de ma personnalité d’avoir besoin d’aller systématiquement à l’affrontement ? Toujours est-il que j’ai toujours eu des problèmes et des disputes avec les autres dans le monde politique, le monde professionnel (le journalisme) et le monde religieux.

Dans « dialogue », il y a « dia » donc « deux ». Le problème dans mes débats est que je me retrouve toujours tout seul par défaut de combattants qui sont autant persuadés que moi de détenir la vérité. Donc désormais, quand j’exprime publiquement un désaccord avec mon Église locale, il n’y a pas de débat possible parce que je suis le « polémiste stérile ». Alors moi, je ne dois pas juger des actes des autres. Mais les autres ont le droit d’affirmer la stérilité de mes propos.


Sur la solitude

À aucun moment, je n’ai envie de quitter l’Église, parce que si je doute des autres Hommes, je ne doute pas de mon Dieu. Mes différends dans l’Église ont toujours été depuis que j’ai pu m’y exprimer librement et développer ma propre pensée avec mes propres arguments, vers 16-17 ans. Et là, à 24 ans, cela fait un tiers de ma vie que je charge inutilement contre des moulins à vent. Alors, certes je suis fatigué, parce que c’est usant, mais je ne suis pas découragé.

Au moins, il n’est pas possible de dire que c’est la politique qui m’a changée, parce que j’ai toujours eu ce sale caractère. Néanmoins, les attaques se sont intensifiés à partir de ce moment là, comme si tout mon engagement n’était qu’au service d’une carrière. Je rappelle même que pendant la campagne des élections municipales que certains de mes « frères » racontaient que je tractais pendant la messe !!! Et il y a eu des gens pour les croire !


Les parcours catéchétiques

Mon premier engagement avec lettre de mission fut celui de catéchiste. Alors évidemment, en fréquentant les dissidents de l’ACNAV (Association catéchétique nationale pour l’audio-visuel), cela devait aller au clash. Toujours est-il que j’ai toujours préféré travailler avec les vieux parcours, auxquels j’ajoutais une touche plus moderne d’audio-visuel. Pire, je laissais même une récréation aux enfants au milieu de la séance de caté…

Je suis parti en 2012 quand on a obligé les catéchistes à utiliser un nouveau parcours « Sel de vie » (imprimé par les éditions CRER) qui commençait par parler aux enfants de la Création du monde avec des animaux qui parlent (je caricature à peine). Moi, mon Dieu, c’est Jésus, et dans un enseignement incarné, je parle de Jésus dans ma vie, avec une action sociale tournée vers les plus pauvres… Je pense que ce n’est pas cela qui arrêtera la déchristianisation…


Les équipes animatrices

En 1979, le nouvel évêque d’Évry, Mgr HERBULOT, a eu l’idée de former des équipes de laïcs (des croyants non consacrés) pour proposer l’animation pastorale (les activités sur une paroisse). Mais des prêtres ont vite compris qu’à terme, ce sont ces groupes qui les remplaceraient quand il n’y aurait plus de prêtres, et pour garder tout pouvoir, ils les ont transformés en chambre d’enregistrement populaire de leurs décisions.

Trop souvent aujourd’hui, ce sont des « béni oui-oui » (pour rester poli) qui entourent le prêtre et ne font plus que proposer des pots à la sortie des messes et des repas. Les chrétiens de tradition n’y vont pas tellement, ce n’est pas dans le contrat de salut. Les chrétiens de convictions y sont plutôt bien, mais ce sont toujours les mêmes, donc c’est très endogame.

Élu par l’assemblée paroissiale en 2009, j’ai démissionné en 2011 après avoir dénoncé en vain le fait que j’avais été élu pour faire de l’animation pastorale et pas pour dire « Amen » aux propositions des prêtres, qui prenaient trop de places. Que n’avais-je pas fait, en m’élevant contre une certaine autorité !


Le journal Grain d’Orge

J’ai écrit dans Grain d’Orge, qui fut le premier journal à me publier, entre 2008 et juin 2013. Voyant en 2015 que le rédacteur en chef souhaitait passer la main, je me suis proposé officiellement, avec quelques idées pour moderniser le journal : un volet numérique et des réseaux sociaux, un encart pour l’état civil, une rubrique pour les résultats sportifs, une ouverture à de nouveaux rédacteurs et un ancrage encore plus local.

Nous dirons que je n’ai jamais été recontacté. Maintenant, j’entends les Saviniens se plaindre que Grain d’Orge a mal évolué, qu’il est moins intéressant, et je suis triste pour ce journal dans lequel j’ai aimé travailler. Comme chrétien, je suis convaincu que l’évangélisation est un devoir, tant qu’elle n’est pas agressive comme celle des Témoins de Jéhovah. Je pense même qu’on peut intéresser intellectuellement et culturellement par une communication non prosélyte.


Les équipes de jeunes

En 2009, j’ai tenté d’animer un groupe de jeunes de 18-25 ans sur le secteur de Savigny-Viry. Du côté de Viry, ça marchait uniquement quand on allait chez eux. Du côté de Savigny, ça ne fonctionnait pas. Je proposais des activités bénévoles différentes, notamment l’animation des messes en prison ou la participation à des récoltes alimentaires et des confections et livraisons de colis. À côté de cela, je proposais des réflexions incarnées dans notre quotidien.

En 2014, d’autres jeunes ont tenté de relancer une structure qui tient la route. Je suis allé voir une fois ce qu’ils y faisaient, je n’y suis pas retourné. C’est beaucoup de prière et d’adoration d’un côté, et de l’autre, de la masturbation intellectuelle intensive. Bref, ce n’est pas ma spiritualité, et j’ai un peu du mal à comprendre que les jeunes de 2016 puissent accrocher à cela. (En fait, si, je le comprends car les gens attendent un encadrement de la religion.)


Les activités ecclésiales

Désormais, on ne veut plus de moi dans certains groupes, et on ne se gêne pas pour me le dire. En cause, mes relations avec la mairie, ou mes propos sur mon blog qui pourraient porter atteinte aux causes et aux projets. Alors, je résiste un peu, j’essaie de m’inviter quand même, je raconte mes déboires sur mon blog… Je continue de fréquenter les personnes vis à vis de la fraternité voulue par l’Église, mais je me force ces derniers temps…

Me restent donc uniquement quelques amis qui sont eux-mêmes mis au ban d’une certaine Église (mais dont on se sert quand même pour occuper des places dans certains mouvements et services). Moi-même, je reste au service du catéchuménat (accompagner les adultes qui se préparent au baptême) parce que j’y suis encore un peu libre. Et puis certainement, qu’en même temps que je voudrais changer, j’abandonnerai Savigny où je ne suis pas prophète.


Aujourd’hui, l’Église catholique, dans ses composantes locales, refuse d’appréhender le présent, préférant se réfugier dans un futur imaginaire. Au lieu de développer la conviction des personnes, elle préfère les abrutir de tradition, en espérant qu’ils resteront s’ils ne posent pas trop de questions. Le problème est que même cela, ne fonctionne pas. Réellement, je me sens seul parce que la majorité, sans penser qu’elle a raison, affirme que j’ai tort…

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2 réflexions au sujet de « Quand je me sens très seul dans l’Église catholique »

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