Analyse de la rhétorique du discours du 8 mai 2016 d’Éric MEHLHORN, maire de Savigny-sur-Orge

Je vous propose de commenter rapidement et succinctement le discours prononcé ce 8 mai 2016 par le maire de Savigny-sur-Orge : son contenu, sa sémantique, sa rhétorique. Personnellement, j’ai un peu de mal à entendre, dans la bouche d’Éric MEHLHORN, une dénonciation des comportements totalitaires qui sont les siens…

Une question me taraude toutefois: est-ce Éric MEHLHORN qui a écrit ce discours ? Personnellement, je ne l’en pense pas capable. Toutefois, je me dis qu’il serait bon que l’auteur de ce discours, qui qu’il soit, prenne quelques cours d’Histoire pour éviter de dire autant de bêtises. Je trouve cela, à la limite insultant car manipulateur d’une vérité qu’on dit défendre…


Quelques commentaires sur ce discours (en bas d’article)

(1) Le rappel des attentats est désormais inévitable dans chaque discours, mais il se fait de manière insidieuse. Notre liberté n’est pas menacée que lorsque des terroristes se font exploser dans notre pays. Éric MEHLHORN lui-même développe des comportements liberticides lorsqu’il m’empêche de parler, ou bloque l’accès aux documents administratifs publics.

(2) Notre liberté nous pousserait au déterminisme : Je n’ai pas compris cette phrase…

(3) Quels sont les enseignements et les valeurs de nos aïeux tombés au champ d’honneur ?

(4) « L’espoir encore du soldat, du résistant qui voyant son heure arriver pense à l’utilité de son sacrifice pour oublier la tristesse et le chagrin que sa disparition laissera dans nos rêves. » : Je pense nos soldats un peu moins philosophes sur le champ de bataille…

(5) « exprimer leur solidarité envers un pays que beaucoup ne connaissaient même pas. » : Je ne pense pas que nos alliés soient venus se battre par solidarité mais plutôt parce que c’était la seule manière de se débarrasser du nazisme…

(6) Face à la mort, les hommes n’étaient pas égaux aux femmes et aux enfants dans les camps de concentration puisqu’on faisait, selon les camps, travailler les premiers, tandis qu’on exterminait directement les femmes et les enfants…

(7) « Mais il ne restait plus de responsables politiques représentatifs de la nation vaincue pour en rendre acte, pour négocier le sort de la population. » Et l’amiral Carl DÖNITZ, président du Reich ?

(8) Non, participer à un hommage du 8 mai, ce n’est pas partager la souffrance des Français de 1945…

(9) « Commémorer le 8 mai 1945, c’est nous souvenir encore et toujours que la paix se gagne et qu’elle ne va pas de soi.« . Étrange manière de gagner la paix que de faire la guerre. On peut aussi éviter de faire la guerre, et réduire les causes qui poussent les gens à faire la guerre…

(10) « Car se souvenir est la seule façon de rendre aux sacrifices toute leur dignité. » Je ne savais pas qu’un sacrifice perdait sa dignité avec le temps, comme une pile se vide…

(11) Il est intéressant de lire que la commémoration d’une défaite et de l’abandon, suivi de l’assassinat des auxiliaires de l’armée française, est une manière de lutter contre l’oppression.

(12) « À une époque où chacun d’entre nous, doute un peu de l’avenir où les repères traditionnels disparaissent, où beaucoup sont laissés de côté, ces dates doivent nous inciter à l’action. L’action contre toutes les désinformations. L’action contre toutes les exclusions. L’action pour une solidarité fondée sur la Justice et l’équité » C’est exactement ce que je fais contre Éric MEHLHORN !

(13) « des peuples du monde entier, à commencer par ceux qui constituaient l’empire colonial français, se sont unis pour chasser le mal. Ils lancent encore aujourd’hui un extraordinaire message de fraternité » Intéressante vision de la fraternité, le couteau entre les dents…

(14) «  Il se doit et nous nous devons sans cesse de les honorer » J’honore ces personnes en me battant pour le monde qu’elles ont voulu, donc contre les mesures d’Éric MEHLHORN qui vont à l’encontre cet idéal inscrit dans le programme d’action du Conseil national de la résistance…

(15) Tiens, on ne dit pas « Vive Savigny-sur-Orge »…

(16) Les transitions, les enchainements entre les parties du discours ne sont pas toutes logiques ou cohérentes…

(17) Discours bien europhile…

(18) Discours fantasmant le rôle des combattants, et l’écoute des anciens est intéressante sur ce sujet. Mais ils ne réagissent pas…


RETRANSCRIPTION DU DISCOURS PRONONCÉ, SEUL À FAIRE FOI

http://vocaroo.com/player.swf?playMediaID=s0cDt6w9ujK1&autoplay=0
Audio recording and upload >>

Discours de M. Éric MEHLHORN, maire, vice-Président du Conseil départemental


Madame la Conseillère régionale,

Mesdames et Messieurs les élus du Conseil municipal de Savigny-sur-Orge,

Monsieur le Colonel adjoint au général de brigade de transmissions de la Ville de Douai,

Monsieur le Commandant de Police,

Monsieur le Lieutenant-Chef du centre de Secours de Savigny-Morangis,

Mesdames et Messieurs les présidents d’associations d’anciens Combattants,

Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames et Messieurs les anciens Combattants,

Mesdames, Messieurs les Directrices, et Directeurs, et Professeurs des écoles,

Mesdames, Messieurs, chers enfants,


Les années se succèdent, et chaque année, nous sommes ici nombreux à nous retrouver avec fierté, avec dignité, pour réaffirmer ensemble cette volonté de ne rien oublier, et de rendre hommage à nos Pères libérateurs.

Ces moments de communion républicaine sont importants, car ils véhiculent un message universel. Un message audible pour toutes les générations.

Avec certainement le plus de solennité et sans contestation possible, les commémorations du 8 mai 1945 nous renvoient à notre rapport collectif à la liberté, à ce rapport que le temps a su ériger dans l’évidence. Cette frêle évidence qui lorsqu’elle se trouve ébranlée, comme ce fut le cas ces derniers mois avec les attentats de Paris et de Bruxelles, pousse notre société à affronter, à concevoir de nouveau l’expression de la barbarie, du totalitarisme, qu’il soit politique et/ou religieux.

L’évidence fait alors place à un sentiment immense de précarité. Notre liberté cède le pas à la peur, au chagrin, et pousse parfois au déterminisme. Cette situation nous invite collectivement à nous remémorer notre Histoire. À puiser davantage dans les enseignements laissés par nos aïeux morts au champ d’honneur. À nous retrouver dans les valeurs qui leur ont donnés la force de combattre, de résister. La force de renverser le doute pour faire éclater la victoire.

Une victoire juste, à l’humiliation à la vengeance. Une victoire dont la force sera cinq ans plus tard de jeter les bases d’une paix douce et durable augurée par la conclusion du traité CECA.

L’Histoire démontera le caractère visionnaire du discours du ministre SCHUMANN : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes, créant alors une solidarité de fait.« , prédisait en ce temps l’artisan de la paix.


Mesdames, Messieurs, chers Saviniens, le 8 mai 1945 véhicule un formidable message, à la fois noble, à la fois simple et fulgurant : celui de la victoire de l’espoir et de la solidarité.

L’espoir, l’espoir n’a jamais quitté le cœur de nos combattants. L’espoir d’un triomphe du bien sur l’entreprise diabolique de destruction massive, de haine et de rejet, incarnée par le projet nazi, ses auteurs, ses armées et ses complices. L’espoir de retrouver le simple bonheur de profiter une fois encore de la (propos inaudibles) de la douleur, des séquelles physiques et morales de cette guerre. L’espoir encore du soldat, du résistant qui voyant son heure arriver pense à l’utilité de son sacrifice pour oublier la tristesse et le chagrin que sa disparition laissera dans nos rêves.

La solidarité, oui, la toute puissance de la solidarité. La solidarité de ces milliers de soldats qui pour tenir, ont su tisser d’insolubles liens de confiance. Solidarité de la Résistance qui a permis à des milliers de Français qui n’étaient en rien prédestinés à se rencontrer ou à se battre à avancer ensemble dans la confiance pour l’amour de notre pays et de la liberté. La solidarité pure, noble, pour protéger l’inconnu, traqué par l’occupant en raison de sa seule différence, de sa condition considérée comme étant inférieure : juif, tsigane, homosexuel, et beaucoup d’autres.

Ce soixante-et-onzième anniversaire est pour nous, une nouvelle fois, l’occasion d’exprimer notre profonde gratitude à l’égard de nos libérateurs, de tous les acteurs de la paix à nos alliés combattants, parachutés, débarqués sur les plages de Normandie et de Provence, tous venus combattre et exprimer leur solidarité envers un pays que beaucoup ne connaissaient même pas.


En ce soixante-et-onzième anniversaire, souvenons nous de ce visage de la France, des Français, de tous les Français, de ces Français libres ayant répondu à l’appel du général DE GAULLE, des résistants. Souvenons nous de celles et ceux qui ont connu l’enfer des camps, hommes, femmes, enfants alors tous égaux devant la mort.

Souvenons-nous aussi de ces frères d’armes qui luttèrent en Indochine ou dans le Pacifique jusqu’à la victoire finale.

Souvenons-nous encore longtemps (propos inaudibles) de tous ceux qui ont été opprimés pendant les longues années et qui ont appris le débarquement le 6 juin 44 par la radio ou par une rumeur. Pensons à leurs sentiments alors, mélangés de joie immense et de surprise, sans pour autant chasser l’attente et l’inquiétude.

Ce 8 mai, la victoire militaire des alliés était incontestable. Mais il ne restait plus de responsables politiques représentatifs de la nation vaincue pour en rendre acte, pour négocier le sort de la population.

Ailleurs, en Europe, sur d’autres théâtres d’opérations, d’autres belligérants avaient fait la guerre pour leur compte et négociait séparément la paix avec eux. Et chacun se souvient que de l’autre partie du monde, la seconde guerre mondiale a fini d’une toute autre manière, continuant de faire de très nombreuses victimes et des ravages épouvantables.

En ce jour du 8 mai 1945, le pays est en ruine. Les derniers combats ont aggravé les privations. Des centaines de milliers d’hommes et de femmes ne sont pas rentrés chez eux. On ne sait pas où ils sont, quelle est leur situation, même, s’ils sont encore en vie. Beaucoup ne rentreront jamais.


Nous retrouver ce matin, c’est aussi partager, rendre hommage à leurs souffrances. C’est aussi nous rappeler la cruauté d’un régime qui a écrasé l’Europe pendant de longues années.

Commémorer le 8 mai 1945, c’est nous souvenir encore et toujours que la paix se gagne et qu’elle ne va pas de soi. C’est tout le sens de la construction européenne que j’évoquais un peu plus tôt dans mon propos. Plus les années passent, plus ce souvenir doit être vivant. Car se souvenir est la seule façon de rendre aux sacrifices toute leur dignité.

Les ennemis d’hier ont fait son chemin. « Nous nous sommes réconciliés. Nous nous sommes entendus. Nous sommes devenus amis. » Cette phrase qui est écrite à Verdun, sur la stèle devant l’ossuaire de Douaumont, où se sont rendus des collégiens cette année dans le cadre du voyage mémoriel. Cette phrase, au delà du symbole de la poignée de main franco-allemande de 1984, cet échange fraternel des présidents KOHL et MITTERRAND.

Ce que je veux souligner ici, c’est que les commémorations du 11 novembre, du 8 mai, mais aussi du 19 mars, du 5 décembre et aussi du 18 juin, marquent leur importance à ce nécessaire souvenir, indispensable de transmettre aux jeunes générations les mots justes des événements passés. Ces dates marqueront à jamais la volonté des Hommes de ne pas se laisser oppresser.

À une époque où chacun d’entre nous, doute un peu de l’avenir où les repères traditionnels disparaissent, où beaucoup sont laissés de côté, ces dates doivent nous inciter à l’action. L’action contre toutes les désinformations. L’action contre toutes les exclusions. L’action pour une solidarité fondée sur la Justice et l’équité, non sur l’égalitarisme. L’action pour une ouverture vers l’autre, la tolérance et le respect, sans jamais renoncer aux principes républicains.

Ces commémorations doivent nous rappeler que des peuples du monde entier, à commencer par ceux qui constituaient l’empire colonial français, se sont unis pour chasser le mal. Ils lancent encore aujourd’hui un extraordinaire message de fraternité.

Soyons fiers, loin du discours inaudible des prédicateurs de la repentance perpétuelle, l’idée qu’il ne serait peut être plus très utile de célébrer ce genre d’événements, ou qu’il serait nécessaire d’établir entre autres une hiérarchie fondée sur la morale et la concurrence des mémoires est révoltante. La France ne gagnera rien à réécrire ou gommer les traces, fussent-elles, les plus sombres de son Histoire.

Le pays doit une reconnaissance éternelle à tous ceux qui ont (propos inaudibles). La France n’a pas le droit d’oublier celles et ceux qui ont (propos inaudibles) pour lui redonner sa liberté. Il se doit et nous nous devons sans cesse de les honorer.

« Celui qui ne connaît pas l’Histoire est condamné à la revivre » analysait CHURCHILL. C’est en apprenant des erreurs du passé, que nous améliorerons ensemble notre présent, et surtout le futur de nos enfants, leur avenir. Gardons en tête le courage, la volonté et le sacrifice de tous ceux qui ont participé (propos inaudibles). C’est la meilleure façon de leur rendre hommage.


Mesdames, Messieurs, et chers enfants de Savigny, je terminerai mon propos en empruntant cette phrase à Victor HUGO : « Les souvenirs sont nos forces. Quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates, comme on allume des flambeaux. » Puisse ce message nous éclairer et nous accompagner encore de nombreuses années. Vive la paix, vive la République et vive la France.



Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s