Des « Molenbeek » sur la 7e circonscription de l’Essonne ?

Je n’aurais jamais cru vivre assez longtemps pour entendre un ministre socialiste affirmer qu’il existe une centaine de quartiers en France présentant des similitudes avec Molenbeek. Déjà parce que je ne connais pas de quartier de 95 000 habitants en France. Mais surtout parce qu’il s’agit d’un terrible aveu de lucidité, que des sociologues dénonçaient déjà avant les attentats de Charlie-Hebdo, dans l’indifférence générale.

De fait, une question doit nous interpeller pour nos Zones urbaines sensibles (ZUS) : La Grande-Borne à Viry-Châtillon, le Noyer-Renard à Athis-Mons ou Grand-Vaux et les Prés-saint-Martin à Savigny-sur-Orge risquent-ils de devenir des fabriques de djihadistes ? Sans avoir de réponse, peut-être cela doit-il nous inviter à revoir notre politique de la Ville, et notamment à mieux réfléchir à l’usage des millions débloqués pour la rénovation desdits quartiers…


Qu’est-ce qu’un quartier Molenbeek ?

C’est un quartier qui présente plusieurs des caractéristiques suivantes : forte pauvreté, fort taux de chômage, fort taux de jeunes déscolarisés, statistiques policières sécuritaires mauvaises, banditisme et criminalité, partie importante de la population issue de l’immigration de pays à majorité religieuse musulmane, abandon des pouvoirs et des services publics, communautarisme exacerbé, présence d’un islam intégriste, constations de radicalisation…


De mes échanges avec les musulmans de la circonscription

Il y a quelques mois, en octobre 2015, je discutais avec un responsable du culte musulman sur une de nos communes qui me disait que 70 % de ses fidèles n’avaient pas de formation religieuse. Et moi de lui répondre, que ce n’était pas tellement mieux chez les chrétiens. J’en déduis malgré les efforts évidents des responsables religieux modérés qu’une petite partie des musulmans de l’Essonne peuvent potentiellement se radicaliser.


Sur les échecs répétés de la politique de la Ville

De ce que j’en vois, les rénovations de la Grande Borne et du Noyer Renard sont des échecs. Oui, les immeubles ont meilleure gueule mais les problèmes sociaux-économiques existent toujours dedans et c’est dans ce terreau que peuvent effectivement progresser les idées religieuses radicales. Qu’est-ce que ma génération (25 ans) aurait à perdre d’aller se tuer (pour pouvoir ensuite baiser des vierges) quand elle n’a pas d’avenir professionnel évident.


Nos politiques sont complices de la situation

Peut-être parce que la situation d’aucun grand quartier sensible ne s’est améliorée depuis les débuts des politiques urbanistiques à destination des banlieues, nos politiques pratiquaient comme seule solution l’achat de la paix sociale à coup de millions qui ne résolvaient rien à long terme. Mais avec la diminution des aides de l’État, les collectivités font le choix de ne plus investir pour les zones sensibles (qui ne votent pas) et tout s’aggrave année après année.


Une génération perdue ?

Beaucoup de spécialistes de la question ne cachent pas que nous en avons pour 20 ans d’attentats. Nous en aurons certainement pour plus si nous ne nous dépêchons pas d’accomplir les réformes nécessaires à créer de l’emploi et du logement pour donner un autre but d’espoir aux jeunes dans la vie. Cela passe d’une part par la réindustrialisation du pays, une réflexion concertés sur la Ville et d’autre part par la destruction rapide de l’État islamique.


Nous retrouvons en Essonne des quartiers qui partagent certaines des caractéristiques de Molenbeek, à des degrés pour l’instant plus faibles. Il est impératif que nos villes revoient leurs politiques et leurs choix de financements à destination de la jeunesse, du sport, de la culture, de l’instruction, du logement, de l’emploi… et de tout ce qui fait la Ville si elles veulent éviter que la situation puisse dégénérer plus. Les attentats eux, coûteront toujours trop chers…

Je pense qu’il est aussi important que nos maires sachent réellement ce qui se passe dans nos salles de prières et dans nos mosquées, sans que cela ne soit du flicage ou une rupture de la laïcité. Qu’en tout état de cause, ils arrêtent de considérer les musulmans uniquement comme des voix ou des passeports pour des voyages au Maghreb ou en Orient en échange de la permission de venue de fonds étrangers pour la construction de bâtiments cultuels.

Enfin, je réaffirme que la politique de la Ville doit se faire avec toute la population aussi bien celle qui ne vit pas dans le quartier mais dont les impôts vont financer les structures, que et surtout, les populations directement concernées. En 2016, nous ne devons pas nous servir que d’un échantillon soigneusement sélectionné pour donner une assise populaire légitimiste à des rénovations qui sont celles qui coûteront le moins cher à l’État sans répondre aux besoins réels.

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Une réflexion au sujet de « Des « Molenbeek » sur la 7e circonscription de l’Essonne ? »

  1. de la mata jeanpaul

    A Athis Mons depuis cette nouvelle on n’ose plus sortir dans la rue, on a très peur…amen !

    Rassures-nous vite, prends contact avec Dieu et la Sainte Vierge tu nous dois bien ça quand même…quand même,  » mince  » quand même !

    Répondre

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