La saison des mariages africains – Chronique d’une jeunesse française en 2016

À force de regarder la jeunesse comme un objet d’avenir, et d’oublier qu’elle est une composante du présent, je pense qu’il est devenu impossible d’identifier un jeune-type. Certains font de brillantes études et sont engagés associativement pour aider leurs semblables. D’autres sont déscolarisés et finissent par chercher une vie meilleure en jouant à la bombe humaine auprès d’un bar ou d’un stade.

Un jeudi matin à Savigny, je me rends à la maison de quartier Éole, et j’attends devant la porte en compagnie de deux jeunes femmes (15/16 ans) originaires d’Afrique, vraisemblablement du Sénégal. L’une demande à l’autre si ses parents lui ont trouvé un mari au bled et l’autre répond qu’elle n’espère pas, qu’elle n’a pas envie de se marier « pour ne plus avoir de vie« . Ainsi dans la France de 2016, il est encore courant de trouver des mariages arrangés.


Chronique africaine

Dimanche, je partage un gâteau des rois avec des jeunes Essonniens dans le cadre d’une sortie du Secours catholique. Là aussi, une jeune Grignoise de 14 ans discute que son père lui cherche un mari au bled (au Mali) mais qu’elle ne veut pas quitter la France parce qu’après, tu ne peux plus revenir. Mardi après-midi, à la sortie du lycée Monge à Savigny, même conversation avec des jeunes un peu plus âgées. Une ne veut pas du mariage pour pouvoir « trouver un travail« .


Où sont les jeunes ? Pas en politique

Dans mes différents engagements, je constate le peu de jeunes et ce n’est pas toujours le fait d’anciens qui refusent de lâcher les places car eux aussi voudraient plutôt souvent se retirer. Cela n’est pas vrai en politique ; en témoignent les listes de candidats aux municipales en 2014 à Savigny qui sont affligeantes ! À part Audrey GUIBERT (FN), Guillaume DENIS (EEKLV), Vivien REBIÈRE (PG), Xavier DUGOIN fils (UDI), et moi-même, tous les autres jeunes engagés sont des moutons décérébrées incapables de justifier de leurs choix et d’expliquer leurs convictions.


Même s’ils votent largement FN

En 2016, les idéaux de gauche des jeunes de 1968 et de 1986 ont disparu. Les syndicats et les partis sont remplis pour l’essentiel de carriéristes opportunistes qui espèrent rentrer dans le quota des planqués grâce à la symbolique de l’étiquette qu’ils se collent dessus. Plus de la moitié ne vote pas, malgré les éternels cours d’éducation civique qui rabâchent que « voter est un droit et un devoir civique« , et ceux qui votent ont des convictions spéciales pour choisir le FN. Mais ils s’en défendent ; ils ne sont pas racistes car ils ont au moins un ami d’origine étrangère.


L’intolérance de la jeunesse

J’ai un voisin d’origine algérienne (c’est important de le préciser) de 17/18 ans qui dès qu’il me voit et qu’il n’est pas seul me crie « Front national« . Sous entendu que je suis un fachô parce que je suis européen ; voilà ce que je considère être le « racisme anti-blanc« . Pourtant, ses parents sont plutôt bien assimilés et le père travaille dur. Mais le fils, certainement en quête identitaire, fréquente les musulmans les plus radicaux et a renoncé à certaines études. Ses parents n’auraient jamais été comme cela et ne lui ont pas donné cette éducation. Pourquoi fait-il ça ?


La faillite de l’école

L’école républicaine (ou publique) ne fonctionne plus et les meilleurs résultats se trouvent à l’école libre (ou privée). Alors on change les programmes ou les techniques de formation des profs. Et pendant ce temps, on continue de polluer les jeunes de théorie qui ne développent pas l’esprit pratique. On ne dit jamais pourquoi aller voter. On développe un discours incohérent sur le racisme. On dit que HITLER, c’est mal mais on n’étudie pas le nazisme. On vend une République parfaite, qui déçoit quand on se rend compte de la réalité.


Les jeunes ne sont pas plus engagés dans les religions

On me faisait la réflexion qu’il n’y avait pas beaucoup de jeunes à la messe ni aux différentes célébrations religieuses. S’il y en a un peu plus à la salle de prière musulmane de Savigny, il y a quand même une génération qui est la mienne (20/30 ans) qui échappe à tout cela. Qui passe ses journées devant la télé ou l’ordinateur et qui avale n’importe quoi. Qui ne s’intéresse ni à la culture ni à la politique. Celle qu’on va retrouver partir en Syrie et qui se moque de cette vie terrestre puisqu’elle en attend une deuxième plus sympa avec des vierges qui se régénèrent. Pourquoi donc fuir une irrationalité (la religion) pour une autre ?


Les jeunes et l’emploi

Il y a ceux qui vont très bien réussir, et les parents auront souvent été derrière eux. Et il y en a beaucoup qui ne vont pas réussir car les parents sont absents. Soit parce qu’ils sont divorcés, ou désintéressés des questions d’éducation, ou dans l’incapacité de suivre. Et les structures comme les générations de parents de l’après-1968 veulent faire comme si les jeunes sont déjà matures et ce n’est pas vrai. Les formations professionnelles ne sont pas adaptées et on envoie les jeunes dans le mur. Il n’y a plus de travail disponible. La misère créée plus de misère… À Grand-Vaux, qui fout le bordel ? Ma génération (et plus petits) ; ce ne sont plus les adultes.


Un mouvement mondial ?

Si le phénomène d’une jeunesse en recherche initiatique ou identitaire semble commun à la plupart des pays occidentalisés, un autre phénomène paradoxal se traduit pourtant avec les migrations. Les jeunes Syriens par exemple sont les premiers à partir au lieu de se battre pour défendre leurs terres. Ainsi, c’est la jeunesse la plus mondialisée qui a le plus envie  de rester à la maison ; et la jeunesse la moins touchée par ce phénomène qui désire le plus partir sinon pour voyager. Ainsi, c’est oui pour Erasmus mais si on sait que cela se termine un jour.


À 16/17 ans, j’étais dans l’opposition à mes parents. Pourquoi certains sont-ils prêts à accepter des mariages forcés prévus par les leurs ? Mes ambitions étaient de bien travailler en cours et de jouer aux jeux vidéos avec mes amis. Pas de partir en Syrie pour revenir me faire sauter la gueule. Mon rapport à la religion était décomplexé mais sensé. Mon vote s’orientait sur l’UMP et personne de mes amis n’aurait alors voter FN. Je ne comprends pas la jeunesse en 2016.

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Une réflexion au sujet de « La saison des mariages africains – Chronique d’une jeunesse française en 2016 »

  1. de la mata jeanpaul

    Decerebres les autres jeunes ?

    Parmi les 4 il y a la belle Audrey…Ça va faire encore plus jaser que ton pote du train ce truc ….T as vraiment pas de bol en ce moment !

    Que que qu on s en fout des mariages. …c est pour les malheureux, les naïfs et les faigneants. ..

    Répondre

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